Grain de sel VDB
Synthèse de l’Article Euractiv – 2 septembre 2026
L’Europe est en quête de solutions pour répondre aux besoins financiers croissants de
l’Ukraine, alors que la Russie intensifie son offensive.
La semaine dernière, Zelensky a exhorté l’UE à l’aider à combler un déficit budgétaire de 27
milliards de dollars (23 milliards d’euros), au moment où Kyiv fait face à des attaques de
missiles et de drones de plus en plus brutales. Cette pression financière a suscité des appels à accélérer les versements européens à l’Ukraine et a relancé un débat sur l’utilisation des avoirs russes gelés.
Les ministres de la Défense ont convenu que la Commission européenne devrait
accélérer le versement du prêt de 90 milliards d’euros de l’Union, réparti à parts égales
entre 2026 et 2027. La Commission, qui gère ces fonds, s’y est pour l’instant opposée,
craignant qu’un versement anticipé ne fasse qu’aggraver le déficit budgétaire de Kyiv
l’année suivante. Les fonctionnaires envisagent de pré-allouer une partie des dépenses de défense prévues sur le prêt de 2027, afin de débloquer l’argent plus rapidement dès
le début de cette année-là. Le prêt de 90 milliards d’euros était destiné à couvrir environ
deux tiers des besoins de financement projetés de l’Ukraine pour 2026 et 2027. Mais les
ministres et responsables européens redoutent de devoir payer plus, en raison du recul
de l’aide des États-Unis.
Les ministres des Affaires étrangères sont revenus sur l’utilisation des avoirs souverains
russes immobilisés pour adosser un « prêt de réparation » en faveur de l’Ukraine.
Proposition relancée par la Suède, les Pays-Bas, l’Espagne et la Pologne. La Belgique
avait fait capoter ce projet en décembre dernier et fait toujours valoir qu’il exposerait le
pays à de dangereuses représailles juridiques de la part de la Russie puisqu’Euroclear
est le dépositaire quasi 90% des avoirs souverains russes gelés au sein de l’UE.
Pourtant, les banques centrales des pays baltes et nordiques estiment qu’il serait
pratiquement impossible pour la Russie de récupérer ces fonds devant les tribunaux.
D’autres propositions visant à exploiter les 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés détenus dans l’UE ont également peiné à recueillir des soutiens : transférer les avoirs d’Euroclear vers une nouvelle structure juridique; placer ces avoirs dans des investissements plus risqués mais plus rentables pour en verser les profits à l’Ukraine.
Enfin, des responsables de l’UE ont indiqué qu’il n’était pas question de renouveler le prêt du G7 de 45 milliards d’euros convenu par les alliés occidentaux de Kyiv en 2024 et adossé aux intérêts générés par les avoirs gelés. Environ 44 milliards d’euros ont déjà été versés, le Japon devant fournir le dernier milliard l’an prochain. Pendant ce temps, des représentants du Fonds monétaire international (FMI) sont à Kyiv pour évaluer les besoins de financement de l’Ukraine pour 2027 et contrôler la mise en œuvre des réformes liées au prêt de 8,1 milliards de dollars (7 milliards d’euros) accordé par le FMI, dont environ un quart a été versé à ce jour.
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