3. 2024 : recomposition des forces politiques en Europe ?

Avertissement : Le 9 juin, les élections européennes ont une importance historique! l’Europe a connu de grands bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux et montré sa résilience . A la croisée des chemins se dessine la survie de nos valeurs démocratiques et notre capacité à repenser la place du Vieux continent dans ce monde chahuté, alors que l’écart entre la perception citoyenne et la réalité de l’Union européenne s’aggrave. Aussi, l’Essec soutenue par le DG Vincenzo Vinzi s’est engagée dans une série d’actions pour tenter de mieux faire comprendre les enjeux des européennes ; Irené Essec et la filière géopolitique que dirige Aurélien Colson, ma Chaire Jean Monnet et le Centre Européen de Droit et Economie (CEDE) proposent diverses iniatiatives.

Parmi elles , une série d’ articles autour des grands enjeux des élections européennes symboliquement priorisés pour 9 mai  Journée de l’Europe / 9 juin élection des députés au PE en France. Cet article est le 3ème de notre série

Outre les élections européennes, une douzaine de scrutins nationaux se tiendront en 2024 dans l’Union européenne. Partout en Europe, des scrutins présidentiels ou législatifs sont prévus en 2024 comme en Russie, au Portugal ou en Belgique – Crédits : Etienne Ansotte | Dati Bendo | Aurore Martignoni / Commission européenne

2024 Année électorale record.

Pas moins de 4,1 milliards de personnes à travers le monde seront appelées aux urnes d’ici la fin de l’année, ce qui représente près de la moitié de la population mondiale. Les élections européennes, qui se tiendront du 6 au 9 juin 2024 dans les 27 Etats membres de l’Union européenne, concerneront à elles seules plus de 400 millions d’électeurs. Outre ce scrutin très attendu qui permettra de renouveler le pour les cinq prochaines années, de nombreuses autres élections, présidentielles, législatives ou locales, sont prévues en Europe cette année. Toutes revêtent une importance particulière et, pour certaines, des enjeux cruciaux pour l’avenir du Vieux continent. Pas moins de 12 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE verront leurs fonctions remises en jeu. Parmi eux, 6 représentent leur pays lors des sommets du .

Recomposition en cours pour les élections européennes.

Complément à écouter : https://youtu.be/vd9xjcrSu0A?si=EehviqQBMD34ynEK et https://youtu.be/nknzrPckKho?si=1EQS7bPY15GcxnCc

Table des matières

Les élections européennes : passage en revue des grandes familles politiques

Le Parlement européen compte 7 groupes politiques regroupant un total de 705 députés :

Aperçu des élections. Les partis d’extrême droite et les partis nationalistes devraient connaître une forte croissance aux dépens des Verts, des libéraux et des partis de gauche lors des élections européennes de juin.

Ceci n’est pas nouveau. Mais quelles pourraient en être les conséquences pour les politiques climatiques de l’Union européenne ?

L’UE en a eu un avant-goût la semaine dernière, lorsque les eurodéputés ont débattu à propos de l’objectif climatique recommandé par la Commission européenne pour 2040, à savoir une réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. Notre journaliste Fred Simon fait le point sur ce qu’ont dit les différents partis.

Les conservateurs se rebellent. Prenant la parole lors de la session plénière du Parlement à Strasbourg, les groupes conservateurs et d’extrême droite ont mis en garde contre les conséquences sociales et le risque de désindustrialisation associés à des objectifs climatiques plus ambitieux de la part de l’UE.

« Avez-vous dit aux agriculteurs et à la population que l’énergie, le transport, le logement, la viande et d’autres denrées alimentaires de base seront plus chers ? », a déclaré l’eurodéputé tchèque Alexandr Vondra, s’exprimant au nom du groupe nationaliste des Conservateurs et réformistes européens (CRE).

« Je pense qu’il est très risqué de faire une telle proposition avant les élections, sans connaître l’impact socio-économique réel », a-t-il averti.

Insurrection de l’extrême droite. Selon l’extrême droite, la voie à suivre doit être radicale : abolir le Pacte vert (Green Deal). La semaine dernière, les eurodéputés ont reçu un courriel de leur homologue belge Tom Vandendriessche, du parti flamand Vlaams Belang (Identité et démocratie, ID), les invitant à signer sa résolution réclamant l’« abolition » du Pacte vert.

L’objectif est de faire comprendre «au lieu d’étendre le Green Deal avec encore plus de réglementation comme proposé, [il] devrait être renégocié afin d’abolir le cadre tel qu’il existe actuellement », a déclaré Tom Vandendriessche à Euractiv France. Paul Messad nous en parle.

C’est tout bêtement une question économique. Les Socialistes et Démocrates (S&D), quant à eux, ont plaidé en faveur de la poursuite des réductions d’émissions de carbone. « C’est ce que le monde des affaires demande », a déclaré Mohammed Chahim, un eurodéputé néerlandais, qui a mis en garde contre le risque d’être à la traîne par rapport à la Chine et aux États-Unis dans la course aux technologies vertes.

Son point de vue a été repris par le groupe centriste Renew de l’eurodéputé français Pascal Canfin, qui a appelé l’UE à prendre exemple sur la loi américaine sur la réduction de l’inflation et les subventions vertes qui y sont associées, estimées à 1 200 milliards de dollars sur dix ans.

« Cela devrait nous inspirer », a déclaré M. Canfin, exhortant la nouvelle génération de responsables politiques qui sera élue en juin à « discuter sérieusement de notre capacité collective à financer la transition verte en Europe ».

Bouleversement chez les Verts. Les Verts, quant à eux, sont concurrencés à leur gauche par des partis radicaux qui se présentent aux élections européennes. En Allemagne, le mouvement climatique « Dernière génération » (Letzte Generation, en allemand) a annoncé son intention de se présenter aux élections de juin, affirmant vouloir « secouer » le système politique.

Le mouvement a attiré l’attention des médias au cours des dernières années, ses militants s’agrippant au bitume avec de la colle forte et taguant des devantures de magasins de luxe en orange. Le groupe prévoit maintenant de continuer à protester sous une forme différente.

« Nous voulons faire entendre la voix de la rue, la voix du mouvement au Parlement », a déclaré la porte-parole Carla Hinrichs. « C’est la raison pour laquelle nous voulons vraiment secouer le Parlement de l’UE cette année. » Reportage de Kjeld Neubert.

Adaptation climatique. Le débat sur le climat à l’horizon 2040 ne porte pas seulement sur l’atténuation des émissions, mais aussi sur l’adaptation aux changements inévitables induits par le réchauffement climatique. La Belgique est bien placée pour en témoigner, avec les inondations meurtrières qui ont frappé la Wallonie au cours de l’été 2021 et qui ont coûté la vie à 39 personnes.

La semaine dernière, la présidence belge du Conseil de l’UE a organisé à Liège un sommet spécial sur le sujet, qui a donné lieu à l’adoption de la « Déclaration de Liège » en faveur d’une adaptation commune au changement climatique.

Signée par 70 organisations, dont des autorités locales et des organisations environnementales, cette déclaration invite tous les décideurs européens à faire de l’adaptation « une priorité essentielle dans l’élaboration des politiques futures » en matière de changement climatique. Notre journaliste Nathan Canas nous en dit plus.

L’industrie en ligne de mire. Parallèlement, les demandes se font de plus en plus pressantes pour que la prochaine Commission européenne, qui sera constituée après les élections européennes de juin, se concentre davantage sur la politique industrielle et moins sur la formulation d’objectifs.

Équilibre des énergies (EdEn), un think tank français spécialisé en politiques industrielles, a exhorté la prochaine génération de décideurs européens à concilier les objectifs de l’industrie et de la politique climatique afin d’atteindre les objectifs de l’UE à l’horizon 2030.

Le communiqué de la Commission concernant un objectif climatique pour 2040 souligne également l’importance d’un « accord de décarbonation industrielle » pour remplacer le Pacte vert, faisant écho aux appels de la présidente Ursula von der Leyen lors de son dernier discours sur l’état de l’Union en septembre.

Le think tank attire également l’attention sur l’aspect financier de la transition, affirmant que la mise en œuvre des objectifs climatiques de l’UE est susceptible de coûter un montant considérable de 1 000 milliards d’euros par an. Paul Messad nous en dit plus.

L’argent ne pousse pas aux arbres… Toutefois, l’UE a du mal à trouver ces milliards d’euros.

La semaine dernière, les législateurs européens sont parvenus à un accord sur une version réduite de ce que Mme von der Leyen avait initialement présenté comme un fonds de souveraineté de l’UE destiné à soutenir les technologies vertes en réponse à la loi américaine sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act, IRA), cette dernière représentant plusieurs milliards d’euros de fonds.

Mais le résultat final a été décevant pour les observateurs, qui ont noté une absence de nouveaux fonds alloués à l’initiative, appelée plateforme « Technologies stratégiques pour l’Europe » (STEP).

« Nous nous attendions à obtenir un fonds européen pour investir stratégiquement dans les technologies propres après l’IRA, et ce que nous obtenons, essentiellement, c’est un site Internet », a déclaré Simone Tagliapietra, membre du think tank économique Bruegel basé à Bruxelles.

En l’absence de nouveaux financements, les États membres de l’UE devront financer la transition de leur propre poche, a averti M. Tagliapietra, ce qui signifie que la transition verte pourrait devenir inabordable pour de nombreux pays de l’UE qui ne disposent pas de la marge de manœuvre fiscale nécessaire — à l’exception peut-être de l’Allemagne et de la France.

« Cette question devra être remise sur la table et placée au cœur de l’agenda après les élections », a déclaré M. Tagliapietra à Euractiv. Fred Simon nous en dit plus.

… et peu d’espace fiscal supplémentaire. Les États membres de l’UE ne seront pas beaucoup aidés par les règles révisées de l’UE en matière de dépenses publiques, approuvées le week-end dernier.

Même si le pacte de stabilité et de croissance révisé permettra aux États membres de l’UE de disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour financer la transition verte et numérique, les règles révisées confirment largement les limites précédentes imposées à la dette publique et aux déficits budgétaires, qui sont respectivement plafonnées à 60 % et à 3 % du PIB.

L’Allemagne et ses alliés « frugaux » ont même réussi à renforcer les règles en imposant un effort minimum quantifiable de réduction de la dette et des déficits pour tous les pays de l’UE, malgré les réticences de la France et de l’Italie. Lisez les réactions dans cet article de Thomas Moller-Nielsen.


Les partis politiques jouent un rôle central dans les démocraties libérales contemporaines : ce sont des courroies de transmission essentielles entre les citoyens et la prise de décision politique et de sélection des candidats. Vu leur rôle au niveau national, il n’est pas étonnant que l’on se soit tourné vers les partis politiques comme solution au déficit démocratique dont souffre l’Union européenne (UE).

Cette étude vise à étudier les différentes facettes des partis politiques européens, les défis auxquels ils font face ainsi que les perspectives quant au rôle des partis politiques européens pour la démocratie supranationale. Elle est structurée en quatre parties.

Une première partie retracera brièvement l’évolution des partis politiques européens. Elle montre que la création d’un cadre règlementaire a favorisé l’émergence des Europartis. Après une période de rapide émergence et de grande volatilité, leur nombre semble toutefois se stabiliser dans la période récente, avec 10 partis politiques européens reconnus par l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes (APPF).

Une seconde partie analyse le financement des partis européens. Introduit en 2003, le financement direct des partis politiques a été modifié en 2007, 2014, 2018, 2019 et est actuellement en cours de modification. Nous montrons que si les partis politiques européens ont pu compter sur un niveau croissant de ressources financières, notamment en raison de l’augmentation du financement public, l’utilisation de ces subventions est également soumise à certaines limites.

La plus importante est que les fonds européens ne peuvent pas être utilisés pour financer directement ou indirectement des partis politiques nationaux ou des candidats, ni pour des campagnes électorales ou référendaires nationales. Bien que, loin d’être leur seul obstacle, les règles entourant l’usage des fonds européens sont l’une des contraintes limitant l’implication et la visibilité des partis politiques européens dans la vie politique.

Une troisième partie aborde la question du rôle et de la nature des Europartis. Elle se concentre en particulier sur trois fonctions essentielles des partis en démocratie : la fonction d’articulation et d’agrégation des intérêts, la fonction de liens et la fonction d’influence sur le processus décisionnel. Nous y analysons la faible visibilité des Europartis lors des élections ; l’apport de la procédure des Spitzenkandidaten ; la structure et les règles d’adhésion aux partis politiques européens et enfin, la question de l’influence des Europartis via le Parlement, le Conseil et le Conseil européen.

La conclusion revient sur les principales contraintes pesant sur les partis politiques européens et discute des perspectives pour les prochaines élections européennes de 2024 et 2029. En particulier, au-delà des avancées concernant les listes transnationales et les Spitzekandidaten, la visibilité des Europartis pourrait être facilement et rapidement accrue via l’inclusion de leur logo dans le matériel de campagne de leurs partis membres.

Introduction aux partis politiques européens et aux groupes politiques du Parlement

Les partis politiques jouent un rôle central dans les démocraties libérales contemporaines : ce sont des courroies de transmission essentielles entre les citoyens et la prise de décision politique et des vecteurs de sélection des candidats. Vu leur rôle au niveau national, il n’est pas étonnant que l’on se soit tourné vers les partis politiques comme solution au déficit démocratique dont souffre l’Union européenne (UE).

En effet, un des ressorts de ce déficit démocratique est lié à la distance perçue entre électeurs et décideurs politiques européens (Follesdal et Hix 2006). Les partis politiques (européens) sont dès lors vus comme des acteurs ayant le potentiel de réduire cette distance entre électeurs et décideurs politiques (Wolkenstein 2019).

Comme le souligne un récent rapport du Parlement européen (PE), les partis politiques sont vus comme « essentiels au développement d’une véritable sphère publique dans l’Union » et ils devraient « jouer un rôle plus central dans le processus des élections européennes et contribuer à former la conscience politique de l’Union et à exprimer la volonté des citoyens européens » (rapport Wieland et Goerens, 2021/2018(INI)).

Les partis politiques européens tels qu’ils existent aujourd’hui sont le résultat d’un processus de long terme. En effet, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, une coopération transnationale entre partis s’est mise en place, de façon progressive et informelle. Les années 1970 et la perspective des premières élections européennes au suffrage universel ont enclenché un processus d’institutionnalisation de ces liens transnationaux avec les premières (con)fédérations européennes de partis.

Le Traité de Maastricht a ensuite reconnu l’importance des partis européens pour la démocratie à l’échelle supranationale tandis que le règlement n°2004/2003, « relatif au statut et au financement des partis politiques au niveau européen », a reconnu un statut officiel pour les partis politiques au niveau européen mais a également établi un financement public durable pour leurs activités.

Aujourd’hui consolidés et bénéficiant à la fois d’une reconnaissance juridique et d’un financement pérenne, les partis européens n’en restent pas moins au cœur d’un paradoxe : d’une part, ils jouent un rôle croissant, notamment dans la coordination de leurs membres et la préparation des réunions du Conseil européen et du Conseil et, d’autre part, ils demeurent largement invisibles pour la plupart des citoyens européens et ne jouent pas le rôle espéré de pont entre citoyens et politique européenne. Leur nature et leurs rôles restent en évolution et font l’objet de nombreuses discussions.

Partis politiques européens – Institut Jacques Delors (institutdelors.eu)

Aller plus loin : https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2023-0269_FR.pdf

Tous les cinq ans, les citoyens européens sont appelés aux urnes dans l’ensemble des pays membres afin d’élire leurs représentants à l’échelle européenne : les eurodéputés. Combien y a-t-il de députés européens par pays ? Quel est le rôle de président du Parlement européen ? Qu’en est-il de la parité au Parlement européen ? Ou encore qui sont les députés européens français ? Retrouvez l’essentiel sur la mandature en cours à travers notre infographie.

Le Parlement européen 2019-2024

Les députés européens, ou eurodéputés, sont élus pour 5 ans au suffrage universel direct dans chaque pays de l’Union européenne. Ils représentent les citoyens européens.

Les dernières élections européennes se sont déroulées en mai 2019. Les prochaines se tiendront du 6 au 9 juin 2024 (le dimanche 9 juin en France).

Les Conservateurs et réformistes européens (CRE)

Que défend le groupe eurosceptique au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont-elles dans leurs pays respectifs ?

Complément : https://www.euractiv.com/section/elections/news/eu-centre-right-clashes-over-qualified-majority-voting/?utm_source=Euractiv&utm_campaign=914c0cfc62-EMAIL_CAMPAIGN_2023_12_08_01_18_COPY_02&utm_medium=email&utm_term=0_-769a26aedb-%5BLIST_EMAIL_ID%5D

Ryszard Legutko (à droite) et Nicola Procaccini (à gauche) sont les deux co-présidents du groupe CRE au Parlement européen
Ryszard Legutko (à droite) et Nicola Procaccini (à gauche) sont les deux co-présidents du groupe CRE au Parlement européen – Crédits : Alexis Haulot / Parlement européen

16 pays, 66 eurodéputés

Le groupe “CRE” (ECR en anglais), institué en 2009, constitue la cinquième force du Parlement européen avec 66 eurodéputés issus de 16 Etats membres, soit plus de 9 % des sièges de l’hémicycle. Il est situé à la droite de l’échiquier politique et ses membres prônent, dans une large mesure, le libéralisme économique, le conservatisme sociétal, la diminution de l’immigration et l’affaiblissement de l’Union européenne.

Les coprésidents du groupe ECR sont le Polonais Ryszard Legutko et l’Italien Nicola Procaccini.

Les ultraconservateurs polonais du parti Droit et justice (PiS) en constituent le noyau dur avec une délégation forte de 27 élus (sur les 52 dévolus à la Pologne). Viennent ensuite les Frères d’Italie (FDI, 9 sièges) et les différents partis néerlandais (5 sièges). Les nationalistes espagnols de la formation “Vox” et le Parti démocratique civique de République tchèque disposent de 4 sièges chacun. La Belgique y envoie aussi 3 membres de l’Alliance néoflamande (N-VA), tout comme les Démocrates de Suède (SD). Le groupe CRE est le seul au Parlement européen à ne compter aucun membre français.

Une position antifédéraliste

Antifédéraliste et attaché à la souveraineté des Etats membres, l’ECR se décrit lui-même comme euro-réaliste”. Il estime que “l’Union a un rôle à jouer au XXIe siècle, mais qu’elle devrait se concentrer sur la mise en œuvre de la coopération entre ses États membres et sur la recherche de solutions pratiques aux problèmes et enjeux des années 2050, et non pas des années 1950″. Il souhaite notamment, grâce à une Europe “plus flexible et décentralisée”, en réduire la “paperasserie”.

Le groupe plaide en outre “pour l’égalité de traitement de tous les États membres, en poussant l’UE à être plus responsable sur le plan fiscal, en trouvant de nouveaux moyens de relier les personnes et les entreprises, en créant des solutions à la crise des migrants ainsi qu’à la menace terroriste et en adoptant une approche globale pour accroître la compétitivité européenne sur la scène mondiale”.

Identité et démocratie (ID)

Que défend le groupe d’extrême droite au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont ces dernières dans leurs pays respectifs ?

Marco Zanni (Lega)

8 pays, 62 eurodéputés

Anciennement nommé “Europe des nations et les libertés” (ENL), le groupe change de nom après les élections de mai 2019 pour devenir “Identité et démocratie” (ID). Situé à l’extrême droite de l’échiquier politique, il représente un peu moins de 10 % des 705 sièges au Parlement européen avec 62 eurodéputés issus de 8 pays.

La présidence d’ID, sixième force politique du Parlement, est assurée par l’Italien Marco Zanni, ancien élu du Mouvement 5 étoiles qui a rejoint la Ligue début 2017.

Avec 25 eurodéputés, c’est justement la formation de Matteo Salvini qui est la principale délégation du groupe Identité et démocratie. En deuxième position, on retrouve les 18 élus du Rassemblement national (RN) menés par Jordan Bardella. 23 représentants du parti ont été élus en 2019, mais 5 d’entre eux ont quitté le groupe au cours de l’année 2022, dont 4 après avoir soutenu la candidature d’Eric Zemmour lors de l’élection présidentielle.

Viennent ensuite : l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) forte de ses 9 eurodéputés ; puis le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) et le Vlaams Belang (VB) belge qui disposent chacun de 3 sièges ; le parti Liberté et démocratie directe (République tchèque) avec 2 eurodéputés. Enfin, les délégations estonienne et danoise comptent un membre chacune.

Des divergences de fond

Si tous les membres du groupe partagent d’évidentes similitudes comme le rejet de l’immigration et du multiculturalisme, l’euroscepticisme, ou encore l’hostilité à l’islam, ils sont néanmoins traversés par d’importantes fractures.

Sur le plan migratoire par exemple, ils défendent différentes solutions : alors que La Ligue italienne, dont le pays est particulièrement exposé aux flux migratoires, s’est longtemps déclaré favorable à une réponse européenne de répartition des demandeurs d’asile, le RN et l’AfD s’y opposent.

En matière économique, quand le RN défend un certain protectionnisme, l’AfD développe un discours résolument libéral en accord avec l’économie de marché.

La Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NGL)

Que défend le groupe de gauche radicale au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont ces dernières dans leurs pays respectifs ?

L’Allemand Martin Schirdewan et la Française Manon Aubry, co-présidents du groupe GUE/NGL
L’Allemand Martin Schirdewan et la Française Manon Aubry, co-présidents du groupe GUE/NGL – Crédits : Denis Lomme / Parlement européen

13 pays, 37 eurodéputés

Situé tout à gauche de l’échiquier politique, le groupe GUE/NGL occupe un peu plus de 5 % des 705 sièges au Parlement européen, avec 37 eurodéputés issus de 13 Etats membres. Sa co-présidence est assurée par la Française Manon Aubry (La France insoumise) et l’Allemand Martin Schirdewan (Die Linke).

Avec 6 eurodéputés, La France insoumise constitue la première délégation. Die Linke (Allemagne), Siriza (Grèce) et la délégation espagnole (3 partis différents) comptabilisent 5 députés chacun. Les Irlandais et les Portugais comptent 4 membres. Des eurodéputés de gauche radicale de 7 autres pays occupent entre 1 et 2 sièges.

Un groupe “confédéral

Soucieuse de “respecter et préserver la diversité des identités et opinions de ses membres”, cette famille politique se définit comme “confédérale”. Sa ligne peut être qualifiée d’ “altereuropéenne”, c’est-à-dire opposée à la construction européenne actuelle.

Nous luttons pour plus d’emplois et de meilleures possibilités d’éducation, pour la sécurité sociale et la solidarité sociale, pour une gestion respectueuse de notre terre et de ses ressources, pour les échanges culturels et la diversité, pour un développement économique durable et pour une politique de paix cohérente et forte”, peut-on lire sur le site internet du groupe.

Il prône notamment une réforme de l’architecture de l’UE afin de la rendre plus “démocratique”. Il souhaite aussi un nouveau modèle de développement écologique, en alternative aux politiques d’austérité. De plus, le parti promeut une politique de coopération avec les pays tiers fondée sur le respect des droits de l’Homme.

Le Parti populaire européen (PPE)

Que défend le groupe de droite conservatrice au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont ces dernières dans leurs pays respectifs ?

Manfred Weber, président du groupe PPE au Parlement européen
Manfred Weber, président du groupe PPE au Parlement européen – Crédits : Denis Lomme / Parlement européen

27 Etats membres, 177 eurodéputés

Constante dans le paysage politique européen depuis 1953, le PPE s’impose à partir de 2019 comme la première force politique du Parlement européen pour la cinquième mandature consécutive. Toutefois son avance sur le groupe des socialistes (S&D) se réduit.

Situé à droite de l’échiquier politique, le groupe totalise presque un quart des eurodéputés de l’hémicycle, avec 177 députés sur 705. Les députés européens sont issus des 27 Etats membres de l’Union européenne. S’ils sont issus d’un même pays, ils peuvent provenir d’un seul ou de plusieurs partis, coalisés ou non dans une même liste lors des élections européennes.

La présidence du groupe est assurée par l’Allemand Manfred Weber, membre du Parlement européen depuis 2004. Au niveau national, ce dernier fait partie de la CSU, le parti chrétien social allemand allié au parti chrétien-démocrate CDU. Avec 30 élus, la CDU/CSU représente la délégation la plus importante du groupe PPE.

Viennent ensuite les 16 élus polonais du PSL, le parti paysan, et de la Plateforme civique, élus ensemble sous la bannière de la “Coalition européenne”. En troisième position se trouve la délégation roumaine avec 14 eurodéputés, majoritairement issus du Parti national libéral. Elle est suivie de la délégation espagnole, qui compte 13 élus.

Le 3 mars 2021, le départ du Fidesz, le parti de Viktor Orbán, a fait perdre 12 députés à la délégation hongroise ainsi qu’au groupe du PPE.

La délégation française est composée de 8 eurodéputés, dont 7 issus du parti Les Républicains.

Politique commune

Le Parti populaire européen rassemble ainsi plusieurs tendances, du centre droit à la droite chrétienne voire nationaliste. Attaché aux questions de compétitivité et de croissance, il affiche parmi ses priorités économiques la protection des petites entreprises et la défense du libre-échange.

Par ailleurs, le PPE fait aussi des frontières et de la dimension sécuritaire l’une de ses priorités. Il propose ainsi de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme et de lutter contre l’immigration illégale.

Renew Europe (RE)

Que défend le groupe centriste et libéral au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont-elles dans leurs pays respectifs ?

Valérie Hayer est la présidente du groupe Renew depuis le 25 janvier 2024

101 élus, 24 pays

Le groupe Renew Europe (RE) est le successeur direct de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE). Rejointe par les élus français de Renaissance (ex La République en marche) et leurs confrères roumains de la liste USR-PLUS (Union Sauvez la Roumanie et Parti de la liberté, de l’unité et de la solidarité), la nouvelle formation centriste créée le 12 juin 2019 s’impose comme la troisième force politique du Parlement européen, après un bond de 34 sièges par rapport à la précédente mandature. Ses 101 élus représentent désormais plus de 14 % des eurodéputés.

Depuis le 25 janvier 2024, la Française Valérie Hayer préside le groupe Renew Europe au Parlement européen. La Mayennaise succède à Stéphane Séjourné, nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères du gouvernement français. Le groupe compte en outre 10 vice-présidents, dont Sylvie Brunet, française également.

Renew Europe rassemble des élus de 24 Etats européens. Seuls certains Etats d’Europe du sud (Chypre, Malte, le Portugal) ne comptent pas d’eurodéputés centristes.

Avec 23 eurodéputés, la délégation française est la plus importante du groupe RE. Les Espagnols (Ciudadanos) comptent 9 membres, tandis que trois autres délégations (Allemagne, Pays-Bas, Roumanie) se composent de 7 parlementaires.

Faiseurs de roi

Loin derrière les deux groupes de tête, le PPE (droite traditionnelle) et le S&D (sociaux-démocrates), Renew Europe possède tout de même un pouvoir d’influence non négligeable sur l’assemblée. Compte tenu de leur nombre, les eurodéputés libéraux peuvent souvent apporter le nombre de voix nécessaires aux sociaux-démocrates ou aux conservateurs pour faire passer leurs textes.

Le groupe défend une vision fédéraliste de l’Europe, favorable à un approfondissement de la construction européenne. Bien que les partis qui le composent adoptent des positions politiques diverses, les eurodéputés libéraux partagent par ailleurs certaines valeurs comme la défense des libertés individuelles.

Valérie Hayer élue présidente du groupe Renew Europe

Valérie Hayer succède à Stéphane Séjourné, nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à la présidence du groupe Renew Europe au Parlement européen.

A 37 ans, Valérie Hayer devient la présidente du troisième groupe le plus important au Parlement européen - Crédits : Philippe BUISSIN / Parlement européen
A 37 ans, Valérie Hayer devient la présidente du troisième groupe le plus important au Parlement européen – Crédits : Philippe BUISSIN / Parlement européen

La présidence du groupe Renew Europe au Parlement européen restera française. Laissée vacante à la suite du départ de Stéphane Séjourné, nommé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères au sein du nouveau gouvernement français, cette fonction chargée de responsabilités revient à son ancienne collègue, Valérie Hayer.

Co-présidente de la délégation française L’Europe ensemble, l’eurodéputée était la seule candidate en lice pour ce poste. Un vote par acclamation s’est tenu jeudi 25 janvier au matin, à l’issue duquel elle a été élue par le reste des membres du groupe Renew Europe.

Troisième groupe du Parlement européen

Nommé le 11 janvier 2024 ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné était dans l’obligation de démissionner de son mandat de député européen et, par conséquent, de sa fonction de président du groupe Renew Europe à Strasbourg, qu’il occupait depuis octobre 2021. La course à sa succession s’est alors déclenchée. Les candidats potentiels avaient jusqu’à mercredi 24 janvier, 14 heures, pour déposer officiellement leur candidature.

Parmi les candidats pressentis figurait notamment l’eurodéputé néerlandais Malik Azmani. Membre du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), il assurait l’intérim à la tête du groupe Renew Europe en sa qualité de premier vice-président. Mais celui-ci n’a finalement pas déposé sa candidature, au contraire de Valérie Hayer.

Elue en 2019 en 19e position sur la liste de la majorité présidentielle, l’ancienne conseillère départementale de Mayenne devient ainsi, à 37 ans, la présidente de la troisième force politique (101 élus) du Parlement européen. Valérie Hayer est par ailleurs membre de la commission des Budgets au Parlement européen et coordinatrice pour son groupe Renew Europe au sein de cette commission.

L’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D)

Que défend le groupe social-démocrate au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont ces dernières dans leurs pays respectifs ?

La Présidente du groupe S&D au Parlement européen Iratxe Gárcia Pérez

26 pays, 143 eurodéputés

Situé au centre-gauche de l’échiquier politique, le groupe Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D) représente plus de 20 % des sièges avec 143 eurodéputés issus d’une quarantaine de partis de 26 Etats membres. La présidence du groupe est assurée par l’Espagnole Iratxe García Pérez depuis 2019. Cette dernière a été réélue le 17 novembre 2021 pour poursuivre son mandat.

L’Espagne dispose de la plus importante délégation avec 21 élus du PSOE. Viennent ensuite le Parti Démocrate italien et le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD, avec 16 sièges chacun. Le Parti social-démocrate de Roumanie (PSD, 10 sièges), les socialistes portugais (PS, 9 sièges) et l’Alliance de la gauche démocratique polonaise (SLD, 7 sièges). La délégation française est également composée de 7 eurodéputés. 

Une vision “progressiste

Le groupe S&D se veut “partisan d’une société européenne intégratrice fondée sur la liberté, l’égalité, la solidarité, la diversité, et l’équité”. Il souhaite notamment tendre vers “une égalité durable dans toutes ses dimensions – sociale, économique, politique et territoriale” à travers un “investissement dans l’inclusion sociale, l’écologisation de l’économie et la lutte contre les inégalités de toutes sortes”. Le groupe prône également une gestion solidaire des migrations et de la politique des réfugiés, et souhaite “promouvoir activement la stabilité et la démocratie à l’échelle mondiale”.

Les Verts/Alliance libre européenne (ALE)

Que défend le groupe écologiste et régionaliste au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont-elles dans leurs pays respectifs ?

Le belge Phillipe Lamberts (à gauche), et l'allemande Terry Reinke (à droite), co-président le Groupe des Verts / ALE au Parlement européen

72 élus, 17 pays

Le groupe des Verts/ALE existe depuis 1999 et devient pour la mandature 2019-2024 la quatrième force du Parlement européen. Plutôt orienté à gauche, le groupe rassemble écologistes et régionalistes en faveur de l’auto-détermination des minorités.

Il s’agit en effet d’un groupe assez divers, qui compte par exemple un élu du parti fédéraliste et paneuropéen Volt, mais aussi 3 eurodéputés du parti pirate tchèque, ou encore un élu du parti satirique allemand Die Partei.

Les Verts/ALE totalisent un peu plus de 10 % des eurodéputés, avec 72 élus sur 705. Ces derniers proviennent de 17 des 27 Etats membres, dont très peu d’Europe de l’Est.

Afin de respecter la parité homme-femme, la présidence du groupe est bicéphale. Elle est assurée par le Belge Philippe Lamberts et l’Allemande Terry Reintke. Cette dernière a remplacé sa compatriote Ska Keller en septembre 2022.

La délégation allemande, avec 25 élus, dont 21 du parti Die Grünen, est la plus importante. Elle est suivie de la délégation française (Europe Ecologie-Les Verts) qui compte 12 sièges.

Les autres Etats représentés au sein du groupe arrivent loin derrière, avec notamment quatre élus pour l’Espagne et trois chacun pour la République tchèque, la Suède, la Finlande, l’Italie, la Belgique, l’Autriche et les Pays-Bas.

Priorités politiques

Bien que rassemblant des sensibilités politiques différentes, les Verts/ALE ont, au Parlement européen, des priorités bien définies et un vote généralement très homogène.

Le groupe défend une conception écologique de l’économie, le développement durable (énergie, agriculture…) et s’oppose ainsi régulièrement à la négociation de traités de libre-échange comme le CETA. La justice sociale et fiscale fait aussi partie des priorités des Verts/ALE, plutôt marqués à gauche de l’échiquier politique.

Par ailleurs, le groupe s’engage pour plus de transparence et de démocratie en Europe, et plusieurs de ses eurodéputés soutiennent les mouvement régionalistes et indépendantistes, comme par exemple en Catalogne.

COMPLEMENTS : L’impossible appropriation de l’Union européenne par les militants des partis politiques nationaux, d’Antoine Roger, dans COSTA Olivier, MAGNETTE Paul, Une Europe des Elites ? Réflexions sur la fracture démocratique de l’Union européenne, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 2007.

Brack N. & Wolfs W. 2023. “Partis politiques européens« , Étude, OPPE of the Jacques Delors Institute, mai.

Les groupes du Parlement européen : les Conservateurs et réformistes européens (CRE) – Touteleurope.eu

https://www.touteleurope.eu/institutions/les-groupes-du-parlement-europeen-les-vertsalliance-libre-europeenne-ale/

https://www.touteleurope.eu/institutions/les-groupes-du-parlement-europeen-l-alliance-progressiste-des-socialistes-et-democrates-sd/

Les groupes du Parlement européen : La Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NGL) – Touteleurope.eu

Les groupes du Parlement européen : le Parti populaire européen (PPE) – Touteleurope.eu

[Infographie] Le Parlement européen 2019-2024 – Touteleurope.eu

https://www.touteleurope.eu/institutions/parlement-europeen-valerie-hayer-va-devenir-presidente-du-groupe-renew-europe/

https://www.touteleurope.eu/institutions/les-groupes-au-parlement-europeen-les-conservateurs-et-reformistes-europeens-cre/

https://www.touteleurope.eu/institutions/les-groupes-du-parlement-europeen-renew-europe-re/

Une série d’élections nationales

28 janvier : Election présidentielle en Finlande

Les Finlandais voteront le dimanche 28 janvier pour élire leur nouveau président de la République. Le président sortant, Sauli Niinistö, en poste depuis 2012, n’est pas rééligible, la Constitution finlandaise limitant à deux le nombre de mandats consécutifs. Deux candidats europhiles font la course en tête dans les sondages, l’ancien Premier ministre Alexander Stubb (centre-droit, PPE) faisant figure de favori devant l’écologiste Pekka Haavisto (Verts/ALE). Un second tour aura lieu le dimanche 11 février si aucun candidat ne parvient à récolter la majorité absolue des suffrages exprimés lors du premier tour.

En Irlande, un référendum pour redéfinir la place des femmes dans la Constitution

Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, les Irlandais auront à se prononcer par référendum sur une modification de la Constitution. Le référendum propose ainsi de supprimer l’article 41.2 de la Constitution, qui précise que “l’Etat reconnaît que par leur vie au sein du foyer, les femmes apportent à l’Etat un soutien sans lequel le bien commun ne peut pas être atteint” et que “les mères ne doivent pas être obligées par des nécessités économiques à travailler au détriment de leurs devoirs au sein du foyer”. Une formulation qui “ne reflète plus la vie moderne”, a déclaré le 5 décembre dernier le vice-Premier ministre Micheal Martin, estimant ce langage “daté”. La modification d’un autre article est également proposée, pour que les protections constitutionnelles ne soient pas limitées aux seules familles maritales, ouvrant davantage de droits aux familles homoparentales notamment.

10 mars : Elections législatives au Portugal

Initialement prévues pour octobre 2026, les élections législatives auront lieu de manière anticipée le dimanche 10 mars à la suite de la démission du Premier ministre socialiste António Costa (S&D), en novembre 2023. Ce dernier, à la tête du gouvernement depuis 2015, a vu son nom, ainsi que ceux de plusieurs de ses collaborateurs et ministres, apparaître dans une enquête pour corruption en lien avec l’attribution de concessions d’exploration de lithium et de production d’hydrogène. Un scandale qui a secoué la classe politique portugaise, provoquant ainsi la chute du gouvernement Costa et déclenchant des élections anticipées. Dans les sondages, le Parti socialiste (S&D) et le Parti social-démocrate (PPE) sont au coude à coude, tandis que la formation d’extrême droite Chega (ID) s’impose comme la troisième force politique du pays. Pour rappel, le Premier ministre du Portugal prend traditionnellement part aux réunions du Conseil européen.

17 mars : Election présidentielle en Russie

Vladimir Poutine rempilera-t-il pour un cinquième mandat ? Question rhétorique, semble-t-il. Il est en tout cas candidat à sa propre succession à la tête de la fédération de Russie, sans adversaire sérieux. Comme en 2000, 2004, 2012 et 2018, Vladimir Poutine pourrait être élu dès le premier tour, qui se tiendra du vendredi 15 au dimanche 17 mars. Un second tour est tout de même prévu pour le dimanche 7 avril. Près de 110 millions d’électeurs sont attendus aux urnes.

En Ukraine, une élection présidentielle reportée sine die

En 2024, les Ukrainiens devaient eux aussi se prononcer pour choisir leur nouveau président pour les cinq prochaines années. Mais l’invasion russe du pays, débutée en février 2022 et qui se poursuit aujourd’hui encore, est venue compromettre la bonne tenue de ce scrutin, dont le premier tour devait avoir lieu le 31 mars. Le doute a longtemps plané, avant que le chef de l’Etat Volodymyr Zelensky ne ferme la porte en fin d’année dernière.

Ce n’est pas le moment pour des élections”, a-t-il indiqué en novembre 2023. “L’heure est à la défense, à la bataille, dont dépend le sort de l’État et du peuple, et non à la farce, que seule la Russie attend de l’Ukraine”, a-t-il ajouté, alors qu’environ 20 % du territoire ukrainien est toujours sous contrôle de l’armée russe. La loi martiale, en vigueur en Ukraine, empêche de toute manière la tenue d’élections. En novembre, tous les partis politiques représentés au parlement national ont signé un document dans lequel ils acceptent de reporter les prochaines élections nationales jusqu’à la fin de la loi martiale.

23 mars : Election présidentielle en Slovaquie

La Slovaquie va-t-elle poursuivre son tournant populiste ? C’est la principale interrogation entourant l’élection présidentielle qui se tiendra le samedi 23 mars, avant un éventuel second tour deux semaines plus tard, le 6 avril. L’actuelle présidente europhile, Zuzana Čaputová (Slovaquie progressiste, Renew), a d’ores et déjà indiqué qu’elle ne se représenterait pas. Parmi les prétendants à la fonction suprême, un favori se dégage : Peter Pellegrini, président du Parlement slovaque et leader du Hlas-SD (attrape-tout), formation appartenant à la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre Robert Fico (SMER-SD, attrape-tout) depuis les élections législatives de septembre 2023. Ce dernier multiplie les prises d’opposition eurosceptiques et pro-russes, et a déjà mis fin à l’aide militaire slovaque à destination de l’Ukraine. Une victoire de son allié Peter Pellegrini à l’élection présidentielle renforcerait ainsi la mainmise de cette coalition sur le pouvoir en Slovaquie. De quoi conforter les inquiétudes du reste des dirigeants européens.

Malte change de président également

Dans le courant du mois d’avril, un nouveau président devrait également prendre ses fonctions à Malte. Les électeurs ne seront toutefois pas appelés aux urnes puisque la Constitution maltaise prévoit que le président est élu au scrutin indirect par les membres de la Chambre des représentants. Le successeur de George Vella, l’actuel chef de l’Etat en poste depuis 2019, devra être approuvé par les deux tiers du parlement maltais – une nouveauté, la majorité simple étant requise jusqu’alors. Traditionnellement, le Parti travailliste (S&D) et le Parti nationalistes (PPE), principales formations politiques du pays, s’accordent pour désigner le nouveau président.

12 mai : Election présidentielle en Lituanie

Scrutin présidentiel aussi en Lituanie, qui se tiendra le dimanche 12 mai, avant un éventuel second tour deux semaines plus tard, le 26 mai. L’actuel chef de l’Etat, Gitanas Nausėda, fait figure de favori pour occuper de nouveau le poste pour les cinq années à venir. Même si certains candidats appartiennent ou sont soutenus par des partis politiques, la fonction présidentielle en Lituanie est formellement indépendante et non partisane. Le président lituanien prend traditionnellement part aux réunions du Conseil européen.

Dans le courant du mois de septembre ou au début du mois d’octobre, les Lituaniens seront une nouvelle fois appelés aux urnes pour les élections parlementaires cette fois-ci. Elles permettront de renouveler le parlement national pour les quatre années à venir. Là aussi, d’après les sondages, un changement de majorité parlementaire, et donc de gouvernement, n’est pas à exclure.

9 juin : Elections générales en Belgique

Le dimanche 9 juin, les Belges n’éliront pas seulement leurs représentants au Parlement européen. Les élections législatives et régionales se tiendront dans le même temps, afin de renouveler le parlement national ainsi que les cinq parlements régionaux et communautaires. Les élections législatives pourraient entraîner la chute du gouvernement d’Alexander De Croo, formé en 2020. Il repose sur une coalition gouvernementale appelée “Vivaldi”, formée par sept partis représentés au Parlement, allant du Parti socialiste (S&D) aux Chrétiens-démocrates (PPE) en passant par des formations libérales ou écologistes. Une percée des partis nationalistes flamands que sont le N-VA (Nouvelle Alliance flamande, CRE) et Vlaams Belang (Intérêt flamand, ID) pourrait rebattre les cartes dans le paysage politique belge. Pour rappel, le chef du gouvernement représente la Belgique lors des réunions du Conseil européen.

Charles Michel a annoncé qu’il mènerait la liste du Mouvement réformateur en Belgique aux élections européennes de juin 2024. S’il est élu, il devra démissionner de la présidence du Conseil européen. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán pourrait assurer l’intérim si aucun successeur n’était désigné à temps.

Cette décision de l’ancien Premier ministre belge (2017-2019) “met les dirigeants européens sous pression”, poursuit Libération. “S’il est élu, il ne pourra pas combiner les deux postes et devra donc quitter ses fonctions le 16 juillet prochain, date de sa prestation de serment, soit six mois avant la fin de son mandat fixé au 30 novembre”, explique L’Opinion. Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept devront “choisir très rapidement un successeur, dès la première réunion du Conseil juste après les élections européennes, s’ils veulent éviter d’offrir le poste par intérim à… Viktor Orbán” [Libération].

Le règlement intérieur du Conseil prévoit qu’en cas de vacance, le poste revienne, temporairement, au dirigeant du pays qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Au deuxième semestre, il s’agira de la Hongrie, dirigée par l’ultranationaliste Viktor Orbán”, précise Le Monde. Une “perspective inquiétante, tant le Premier ministre hongrois met l’Europe sous tension depuis le début de la guerre en Ukraine”, considère Libération.

Les conséquences potentielles du choix de l’actuel président du Conseil européen ont ainsi suscité de vives réactions. “La décision de Charles Michel de quitter prématurément la présidence du Conseil [européen] pour poursuivre sa propre carrière politique en tant que député européen est non seulement égocentrique mais aussi irresponsable”, a par exemple taclé Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris, sur X [Libération]. De son côté, le Belge a rejeté les attaques l’accusant de “quitter le navire”, rapporte L’Opinion. “Ce serait une critique infondée que de dire ça. J’informe les membres du Conseil européen six mois avant la première session du , personne n’est pris par surprise”, s’est-il défendu [L’Opinion].

Entre juillet et septembre : Elections législatives en Croatie

En Croatie, la date des élections législatives n’a pas encore été arrêtée. Ce qui est certain, c’est qu’elles devront se tenir sur la période comprise entre le 22 juillet et le 15 septembre, afin de renouveler les 151 membres du Parlement croate. Là aussi, l’issue du scrutin pourrait modifier le rapport de force parlementaire, imposant un nouveau gouvernement voire un nouveau Premier ministre. En poste depuis 2016, Andrej Plenković semble peu inquiété par les sondages qui donnent son parti, l’Union démocratique croate (HDZ, PPE), largement en tête. En tant que chef du gouvernement, ce dernier représente la Croatie aux réunions du Conseil européen.

Les Croates seront une nouvelle fois appelés aux urnes à la toute fin de l’année 2024 pour le premier tour de l’élection présidentielle. Un éventuel second tour aura lieu en janvier 2025. Le président sortant, Zoran Milanović, en poste depuis 2020, est éligible pour un second mandat. Les dates exactes du scrutin ne sont pas encore connues.

Septembre : Elections législatives en Autriche

Les élections législatives devraient se tenir dans le courant du mois de septembre. Si la date n’est pas encore officiellement connue, elles doivent être organisées avant la fin de la législature actuelle, prévue le 23 octobre. Karl Nehammer est à la tête du gouvernement depuis 2021, formé par une coalition entre le Parti populaire autrichien (ÖVP, PPE) et Les Verts (Die Grünen, Verts/ALE). Mais les deux partis de gouvernement sont loin d’être favoris dans les sondages, dominés par le Parti libéral autrichien (FPÖ, ID) et le Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ, S&D). Un changement de majorité parlementaire, et donc de gouvernement, semble plus que probable à ce stade. Pour rappel, le chef du gouvernement autrichien siège au sein du Conseil européen.

Novembre : Election présidentielle en Roumanie

En fonctions depuis 2014 et réélu en 2019, le président roumain Klaus Iohannis laissera sa place à l’issue de l’élection présidentielle, la Constitution roumaine autorisant un maximum de deux mandats présidentiels. la date exacte du scrutin n’est pas encore annoncée mais le premier tour devrait se tenir dans le courant du mois de novembre. Le chef de l’Etat a notamment pour mission de représenter la Roumanie au Conseil européen.

A quelques jours ou semaines près devraient être organisées les élections législatives, en novembre ou décembre, pour renouveler l’intégralité des deux chambres du parlement roumain. De ce scrutin dépend l’avenir du gouvernement du socialiste Marcel Ciolacu (PSD, S&D), en poste depuis juin 2023. Pour l’heure, les sondages donnent le Parti social-démocrate en tête des intentions de vote.

Les élections européennes 2024

400 millions d’électeurs appelés aux urnes pour les élections européennes

Il s’agit tout simplement du plus important scrutin transnational au monde. Les élections européennes se tiendront du jeudi 6 au dimanche 9 juin dans les 27 Etats membres pour élire les 720 membres du Parlement européen qui légiféreront lors des cinq années à venir. Les règles électorales varient d’un Etat un autre. Pour tout comprendre de ce scrutin, rendez-vous dans notre dossier spécial dédié aux Elections européennes de 2024.

Candidat en Belgique, Charles Michel prévoit un départ anticipé de la présidence du Conseil européen

Charles Michel a annoncé qu’il mènerait la liste du Mouvement réformateur en Belgique aux élections européennes de juin 2024. S’il est élu, il devra démissionner de la présidence du Conseil européen. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán pourrait assurer l’intérim si aucun successeur n’était désigné à temps.

Cette décision de l’ancien Premier ministre belge (2017-2019) “met les dirigeants européens sous pression”, poursuit Libération. “S’il est élu, il ne pourra pas combiner les deux postes et devra donc quitter ses fonctions le 16 juillet prochain, date de sa prestation de serment, soit six mois avant la fin de son mandat fixé au 30 novembre”, explique L’Opinion. Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept devront “choisir très rapidement un successeur, dès la première réunion du Conseil juste après les élections européennes, s’ils veulent éviter d’offrir le poste par intérim à… Viktor Orbán” [Libération].

Le règlement intérieur du Conseil prévoit qu’en cas de vacance, le poste revienne, temporairement, au dirigeant du pays qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Au deuxième semestre, il s’agira de la Hongrie, dirigée par l’ultranationaliste Viktor Orbán”, précise Le Monde. Une “perspective inquiétante, tant le Premier ministre hongrois met l’Europe sous tension depuis le début de la guerre en Ukraine”, considère Libération.

Les conséquences potentielles du choix de l’actuel président du Conseil européen ont ainsi suscité de vives réactions. “La décision de Charles Michel de quitter prématurément la présidence du Conseil [européen] pour poursuivre sa propre carrière politique en tant que député européen est non seulement égocentrique mais aussi irresponsable”, a par exemple taclé Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris, sur X [Libération]. De son côté, le Belge a rejeté les attaques l’accusant de “quitter le navire”, rapporte L’Opinion. “Ce serait une critique infondée que de dire ça. J’informe les membres du Conseil européen six mois avant la première session du , personne n’est pris par surprise”, s’est-il défendu [L’Opinion].

Les sondages pour la France

Alors que les partis désignent peu à peu leur tête de liste pour mener la campagne électorale, les sondages sur les élections européennes affleurent. D’ici le scrutin, prévu le 9 juin 2024 en France métropolitaine, ces études d’opinion vont se multiplier et devenir sources de satisfaction, d’inquiétude, d’espoir ou de mécontentement pour les candidats et les militants engagés dans cette campagne.

Pour mieux s’y retrouver parmi les dizaines de sondages sur les intentions de vote des Français, qui vont se succéder en prévision des élections européennes, nous vous proposons cet agrégateur. Il permet de visualiser plus finement l’évolution des intentions de vote des Français, de sondage en sondage, jusqu’à la date du scrutin.

Le RN fait la course en tête, Renaissance stagne

Depuis mai 2023, nous avons recensé dans notre agrégateur de sondages 23 études d’opinion. Des sondages dont la publication s’est intensifiée depuis janvier 2024, permettant d’observer plus finement et sur une période plus condensée l’évolution des intentions de vote pour les différentes listes candidates aux élections européennes.

Première observation, le Rassemblement national, mené par Jordan Bardella, a toujours fait la course en tête. Donné aux alentours de 25 % d’intentions de vote en mai dernier, le RN a depuis largement consolidé sa place de leader dans les sondages, flirtant désormais avec la barre des 30 %. Dans une étude d’opinion réalisée début février pour le Huffington Post, YouGov place même le parti lepéniste à 32 %.

La majorité présidentielle, elle, peine à combler son retard sur son principal opposant. Donnée à environ 19 % en mai, elle a entamé une lente remontée dans les sondages avant de repasser sous la barre des 20 % courant novembre. Depuis, Renaissance stagne. L’absence de tête de liste, qui tarde à être désignée, semble jouer en la défaveur de la liste macroniste, récemment créditée de 16,5 % d’intentions de vote par Elabe, son plus faible total.

Bataille pour la 3ème place

Derrière le RN et Renaissance, plusieurs listes se battent pour la troisième place, autour des 10 % d’intentions de vote. Le Parti socialiste est régulièrement donné entre 9 et 10 % depuis mai dernier. La France insoumise, sondée au départ aux alentours de 10 % également, a dégringolé dans les études d’opinion jusqu’en décembre (7 %), avant de remonter légèrement depuis aux environs de 8 %. Europe Ecologie Les Verts stagne, lui aussi, autour de 8 % depuis décembre.

A droite, Les Républicains ne décollent pas non plus, au contraire. Flirtant avec les 9 % d’intentions de vote en octobre, ils peinent désormais à dépasser la barre des 7 %. Ils pourraient bientôt jouer des coudes avec Reconquête. La courbe d’évolution du parti d’Eric Zemmour oscille depuis dix mois entre 6 et 7 %. Pour le reste des listes sondées, la barre cruciale des 5 % des suffrages, seuil minimal pour envoyer des élus au Parlement européen, n’a jamais été atteinte.

Notre méthodologie

Les listes présentes sur cette infographie sont celles qui sont testées dans les études d’opinion des instituts de sondage concernant les élections européennes de 2024. A chaque liste est attribuée une courbe. Celle-ci est obtenue par “rolling” : elle suit la moyenne des cinq derniers sondages en date et évolue donc à chaque nouvelle étude d’opinion publiée. Concrètement, si un parti a obtenu 24 %, 25 %, 26 % et 27 % d’intentions de vote lors des quatre derniers sondages et qu’un nouveau sondage le place à 28 %, sa courbe d’évolution se situera désormais à hauteur de 26 %, ce qui équivaut à la moyenne des cinq sondages.

Cette méthode permet de “lisser” les résultats des sondages successifs et d’éviter de trop grandes variations d’une étude d’opinion à l’autre. La tendance des intentions de vote pour chaque parti permet alors d’être observée plus finement, sur le moyen terme et non à plusieurs instants donnés, offrant ainsi une photographie plus large de l’évolution des intentions de vote des Français aux élections européennes du 9 juin 2024.

Les dates clés jusqu’au scrutin

Du 6 au 9 juin 2024, les citoyens des 27 Etats membres de l'UE seront appelés à élire leurs 720 représentants au Parlement européen - Crédits : Daina Le Lardic / Parlement européen

Du 22 au 25 avril 2024 : dernière session plénière au Parlement européen

Clap de fin pour les 705 députés européens de la 9e législature. Le jeudi 25 avril 2024, ils suspendront ou achèveront leurs travaux au Parlement européen, après quasiment cinq années de mandat pour ceux entrés en fonction dès 2019. Les élus qui ont rejoint le Parlement en cours de législature, pour remplacer d’autres qui sont partis, verront eux aussi leur mandat se clôturer.

3 mai 2024 : date limite pour s’inscrire sur les listes électorales françaises

Les électeurs français ont jusqu’au vendredi 3 mai 2024 pour s’inscrire sur les listes électorales de leur commune, leur permettant ainsi de prendre part aux élections européennes de 2024. Une démarche qui peut s’effectuer directement auprès de la mairie de sa ville ou, encore plus facilement, en ligne grâce à un portail. A noter toutefois : pour les inscriptions et changements en ligne, la date limite est fixée au mercredi 1er mai 2024.

Même si vous pensez ne pas être concernés par ces démarches, nous vous recommandons de vérifier votre inscription électorale et votre bureau de vote sur le site Internet dédié. Personne n’est à l’abri d’une erreur ou d’un déménagement mal renseigné. Si vous avez récemment atteint l’âge de 18 ans, vous êtes d’office inscrit sur les listes électorales (mais n’hésitez pas à vérifier quand même).

Du 6 au 17 mai 2024 : dépôt des listes auprès du ministère de l’Intérieur

Les partis politiques pourront déposer leurs listes de candidats auprès du ministère de l’Intérieur à partir du lundi 6 mai 2024, pendant une dizaine de jours. La clôture du dépôt des listes aura lieu le vendredi 17 mai 2024 à 18 heures.

Chaque liste doit comporter 81 candidats (deux de plus qu’en 2019), ce qui correspond au nombre de sièges à pourvoir au Parlement européen pour la France. Ces candidats seront classés de la 1ère à la 81ème place, en alternant hommes et femmes. Outre les citoyens français, tout ressortissant majeur d’un État membre de l’UE résidant en France peut se présenter à ce scrutin.

Le ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation des élections, décidera ensuite de la recevabilité de ces candidatures, puis publiera dans la foulée leurs nom et composition au Journal officiel.

27 mai 2024 : début de la campagne officielle en France

Le 27 mai 2024, deux semaines avant les élections européennes en France, la campagne officielle débutera dans le pays – même si dans les faits, cette campagne se sera déjà largement invitée dans le débat public et dans les médias depuis plusieurs semaines.

Cette période implique notamment aux médias audiovisuels des règles strictes pour une répartition équitable du temps d’antenne entre les différentes listes candidates aux élections européennes.

La campagne officielle devrait débuter le lundi 27 mai à minuit jusqu’au vendredi 7 juin, 23h59, qui marquera le début de la période de réserve (voir plus loin).

La semaine avant le scrutin : derniers jours pour faire sa procuration

La procuration permet de faire entendre sa voix lors des élections, même lorsqu’on est dans l’incapacité de se rendre physiquement aux urnes. Il suffit de choisir un électeur à qui l’on confie son vote, qui se rendra au bureau de vote à votre place. Cette procuration doit être réalisée en amont du scrutin. Une démarche qui sera facilitée pour ces élections européennes.

Un décret publié au Journal officiel à la fin du mois de décembre prévoit que si l’électeur effectue sa procuration en ligne, via le site Internet maprocuration.gouv.fr, il n’aura plus besoin de se rendre physiquement au commissariat ou à la gendarmerie pour faire valider celle-ci, comme c’était le cas jusqu’à présent.

Désormais, il faudra attester de son identité “à l’aide d’un moyen d’identification électronique présumé fiable et certifié”, précise le décret. Un moyen d’identification qui devrait être France Identité, le service public d’identité numérique, probablement au moment de la réalisation de la procuration en ligne. La procuration devrait pouvoir être réalisable jusqu’à la semaine avant le scrutin du 9 juin, mais la date limite n’a pas encore été communiquée.

Jeudi 6 juin 2024 : les Néerlandais sont les premiers à voter

Comme à l’accoutumée, les premiers à voter lors du plus grand scrutin transnational au monde seront les Néerlandais, dès le jeudi 6 juin 2024. Aux Pays-Bas, contrairement à de nombreux autres Etats européens, les élections se tiennent toujours en semaine. Les gouvernements néerlandais successifs ne souhaitaient pas organiser des élections le week-end, qui représente à la fois un moment de repos et de culte. Ainsi, aux Pays-Bas, les élections ont presque toujours lieu le mercredi, jour où les écoles, qui sont transformées en bureau de vote, se vident d’enfants. Exception faite toutefois pour les élections européennes. L’Acte portant élection des membres du Parlement européen stipule que ce scrutin doit avoir lieu dans chaque pays de l’UE au cours d’une période commençant le jeudi et se terminant le dimanche, les Néerlandais se rendent donc aux urnes le jeudi. Le lendemain, ce sera au tour des Irlandais et des Tchèques de prendre part au vote – ces derniers voteront sur deux jours, également le samedi.

Vendredi 7 juin 2024, 23h59 : fin de la période de campagne officielle en France et début de la période de réserve

Le vendredi 7 juin 2024 à 23h59 se clôturera la période de campagne officielle pour les élections européennes en France. La période de réserve débutera le samedi 8 juin à 00h00. Pendant deux jours, le scrutin connaîtra un temps mort politique et médiatique, au cours duquel les candidats et acteurs politiques devront rester silencieux. Même règle pour les médias : aucun propos politique, aucun sondage et aucune estimation ne devront être diffusés par la presse, la radio ou la télévision française. Cette période s’arrêtera pour les politiques comme pour les médias le dimanche 9 juin 2024 à 20 heures, moment où tomberont les premières estimations des résultats du scrutin européen.

Samedi 8 juin 2024 : les électeurs de certains territoires d’outre-mer et Français de l’étranger commencent à voter

Si la majorité des Français voteront le dimanche 9 juin 2024, certains ressortissants seront appelés aux urnes dès le samedi 8 juin en raison du décalage horaire. Seront concernés les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Polynésie française et les Français établis sur le continent américain. La Lettonie, Malte, la Slovaquie et la République tchèque tiendront également leurs élections européennes le samedi 8 juin.

Dimanche 9 juin 2024 : les Français métropolitains sont appelés aux urnes

C’est le Jour-J pour la majorité des citoyens français. Les métropolitains, les habitants de Wallis-et-Futuna, de Nouvelle-Calédonie, de La Réunion et de Mayotte, ainsi que les Français de l’étranger qui ne vivent pas sur le continent américain, seront appelés aux urnes. Direction l’isoloir pour élire les 81 députés français qui siègeront pour cinq ans à Strasbourg au sein de la 10eme législature du Parlement européen.

A partir de 20 heures, les premières estimations seront dévoilées dans les médias français. Les services du Parlement européencommenceront à communiquer des projections globales et leur traduction en nombre de sièges au sein de l’hémicycle, affinées progressivement en fonction des informations complémentaires fournies par chaque pays.

Outre la France, 20 autres Etats membres de l’UE organiseront le scrutin européen ce dimanche : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lituanie, le Luxembourg, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie et la Suède.

A partir du 10 juin 2024 : début du travail au sein des groupes politiques au Parlement européen

Dès la clôture du scrutin, les autorités nationales de chaque Etat membre communiqueront au Parlement européen le nom des députés élus après avoir vérifié qu’il n’y ait pas d’incompatibilités de mandats. Puis le travail politique commence. Les leaders des groupes politiques européens entameront leurs négociations pour constituer leurs troupes et commenceront à réfléchir à leurs candidats pour les postes à responsabilité au sein du Parlement européen. Les premières tractations en coulisses entre les différents groupes débuteront également.

Du 16 au 19 juillet 2024 : première session plénière au Parlement européen et élection de son président

La première session de la 10ème législature du Parlement européen débutera officiellement le mardi 16 juillet 2024. Les députés élus ou réélus seront réunis en session constitutive à Strasbourg. Ils éliront alors le président du Parlement européen, ses vice-présidents et les cinq questeurs de l’institution.

Lors des précédentes échéances électorales, le scrutin se déroulait plus tôt, durant le mois de mai, et cette installation s’effectuait ensuite en deux temps, lors de deux sessions plénières distinctes. Pour la première fois en 2024, tout se déroulera lors d’une seule et même session.

Une fois ces désignations effectuées, le Parlement européen pourra se focaliser sur celles qui concernent la Commission européenne, ses commissaires et son président. Les négociations sur le sujet débuteront avec le Conseil européen. Les différentes commissions du Parlement européen auditionneront peu à peu les candidats aux postes de commissaires européens. La composition de la nouvelle Commission européenne devrait finalement faire l’objet d’un vote du Parlement européen lors de la session plénière suivante, prévue du 16 au 19 septembre 2024.

Enjeux politiques et rhétorique électorale

Electoral rhetoric and reality of migration set to clash again in 2024

This year, the contradiction between electoral campaigns and the reality of migration will be increasingly evident.

In 2024, around four billion people across the globe will go to the polls, including for the EU elections in June. Migration is once again a lightning rod issue for politicians, who are well aware of the power of rhetoric on the topic. Votes can be gained or lost in just a few sentences, uttered in an electoral debate or press communication and then amplified by the media.

With aspiring representatives making plays for votes by drumming up fearful futures of the impacts of border crossings, other electoral factors – such as a candidate’s previous work record, or more technical policy expertise – fall by the wayside.

Much of migration and asylum policy will not directly affect the Europeans who themselves go to the polls.

The EU pact on Migration and Asylum, which EU institutions approved last December, will largely affect the work of border guards and the lives of migrants arriving at EU borders with irregular status.

The work on the Pact centred on ideas of hostility and safety. In the last decade, the association of a certain category of migrants with danger has permeated European society.

This narrative is the rallying cry of the far right – which is gaining ground across the continent – and is creeping ever more into the manifestos of more centrist parties.

The five regulations of the pact itself crystallise the notion that the ultimate task is to keep migrants away and leave full sovereignty of the borders to EU member states.

But this is a read that ignores the realities of migration. People worldwide have always been on the move, and better lives will be naturally sought in a world of increasing instability, regional conflict and the escalating effects of climate change and resource scarcity. Slamming down the hatches is not fixing the problem – just turning away.

At a conference in Greece this week, EU Migration Commissioner Ylva Johansson underlined the need for more legal migration to help address the shortages of workforce in Europe. One million migrants per year are needed to fill the gap, she said.

This rhetoric of “we need them now” is a tentative challenge to anti-immigration propaganda – but one that is struggling to take off due to its fundamental contradiction with the prevalent electoral imperative of the need to “keep them away”.

As the world heads to the polls, we will see the battle lines drawn and deepened between these two narratives – with a calm and sensitive assessment of the needs of both newcomers and their receiving countries increasingly politically out of reach.

Similarities between Socialists and Liberals ahead of EU elections. Both European political families have a similar narrative about the priorities for EU elections and the “red lines” in the post-election area. Both groups at the European Parliament (the S&D and Renew Europe) held brief press points this week to talk about the European elections.

They discussed migration as a main priority, praising the agreement reached on the EU migration pact last December by co-legislators, and stressing the importance of supporting Ukraine in its ongoing war against the Russian invaders.

The countering of the far right across Europe is a strong point where the two increasingly converge. Even on social issues, the narrative is quite similar, though details are scant, with a growing perception that the old divide between the right and the left has given way to a battle between progressives and conservatives.

Michel makes his move. This week, the electoral debate on EU electoral speculation was driven by European Council President Charles Michel, who in a quite unexpected move, announced his candidacy for a seat in the European Parliament for the next European elections.

His departure from an EU top job started a round of speculation on the possibility for him to be the leading candidate of the European liberal family, or to aspire to have another EU top job.

MEPs are trying again to prevent Hungary from holding the Council’s presidency. A group of MEPs asked European Parliament President Roberta Metsola to push for a new procedure to prevent Hungary from holding the next six-month presidency of the Council of the EU.

The question becomes more serious, according to MEPs, in the likely election of Charles Michel at the European Parliament from mid-July, with the possibility for the Hungarian Prime Minister Viktor Orban to detain an important power at the centre of the EU in the months before the nomination of a new European Council president.

UN refugee agency outlines recommendations to Belgium and Hungary for migration pact.  UNHCR has released seven recommendations for the Belgian and Hungarian presidency of the Council, calling for a finalisation and implementation of the EU migration pact which guarantees the protection of the right for those seeking asylum in Europe.

Farmers: EU Commission must set up cap mechanism to tackle Ukrainian import surge. Five EU food producers organisations have urged the EU’s Agriculture Commissioner to adopt a cap mechanism for sensitive commodities for which the bloc liberalised import from Kyiv.

Influential legal opinion sides with EU Commission’s €2.4 bn fine in Google Shopping case. The Advocate General of the EU Court of Justice Juliane Kokott released its opinion on the Google Shopping case on Thursday (11 January), suggesting that the EU top court confirms the European Commission’s fine of €2.4 billion.

Quelle recomposition politique et avec quel impact sur la construction européenne… ?

[ad_2]

https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/2024-une-annee-d-elections-en-europe/

https://www.touteleurope.eu/institutions/elections-europeennes-de-2024-les-dates-cles-jusqu-au-scrutin/

https://www.touteleurope.eu/institutions/elections-europeennes-2024-qu-indiquent-les-sondages-pour-la-france/