PFUE : Une « solidarité obligatoire » en matière de migration – EURACTIV.fr

Dans le cadre de la PFUE, les ministres de l’Intérieur de l’UE se sont mis d’accord pour rendre le principe dit de « solidarité » obligatoire pour les questions de migration, a annoncé le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, jeudi (3 février).

La France s’est fixé pour objectif de développer une réglementation visant à rendre la solidarité plus contraignante lorsqu’il s’agit de répartir les réfugiés entre les États membres du bloc. Ils estiment que c’est aux États membres de décider d’accepter plus de réfugiés ou de soutenir financièrement ceux qui sont prêts à les laisser entrer.

« Tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a une part importante de responsabilité et une certaine solidarité obligatoire », a déclaré M. Darmanin lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion informelle des ministres de l’Intérieur de l’UE.

Cette solidarité obligatoire « ne sera pas facultative », a-t-il souligné. « S’il n’y a pas de répartition, il y aura un plus grand soutien sur le plan financier », a également déclaré le ministre français de l’Intérieur, ajoutant que « nous avons besoin de plus de solidarité sur la question de la répartition [des réfugiés] ».

La manière dont cela se déroulera dans la pratique sera négociée en détail lors de la réunion du Conseil des ministres de l’Intérieur le 3 mars, bien que tous les États membres soient censés soutenir cette approche « en principe ».

Nous avons « le soutien le plus total des États membres », a déclaré la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, ajoutant que l’atmosphère de la réunion avait été « très positive ».

Jusqu’à présent, la répartition des réfugiés dans l’UE et le soutien financier des États désireux de les accueillir ont été purement volontaires.

Le duo franco-allemand

L’initiative française rejoint largement la position de l’Allemagne.

Début janvier, la ministre allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser, a appelé à la formation d’une « coalition d’États membres réceptifs » pour relancer les négociations bloquées sur le paquet « migration et asile » de l’Union européenne.

Mme Faeser a également salué la proposition française, que le Président Emmanuel Macron a présentée mercredi (2 février)

En ce qui concerne la solidarité obligatoire, « nous voulons avancer ensemble avec la France », a déclaré Mme Faeser à l’approche de la réunion. « C’est ce qu’on appelle la nouvelle solidarité, et nous allons travailler très étroitement avec la France sur ce sujet », a-t-elle ajouté.

Pour l’Allemagne, la question de l’accueil des personnes ayant besoin de protection est également liée à la politique générale d’immigration du pays.

« Il s’agit d’une immigration ciblée, dont nous avons besoin partout sur notre marché du travail », a déclaré Lars Castellucci, député au Bundestag pour le parti social-démocrate (SPD), dont la nomination en tant que porte-parole de la politique migratoire de son parti devrait être confirmée la semaine prochaine.

L’objectif est de créer des voies d’immigration sûres afin que « moins de personnes aient à emprunter des itinéraires dangereux », a encore souligné M. Castellucci.

Dans les négociations à venir sur le principe de « solidarité obligatoire », l’Allemagne est également prête à faire des compromis. La solidarité pourrait également signifier que « les pays qui ne veulent pas accueillir de réfugiés devraient s’impliquer davantage dans la surveillance des frontières » ou contribuer financièrement, a également déclaré le député social-démocrate.

« Toutefois, il est clair qu’aucun État membre de l’UE ne peut rester complètement à l’écart de la politique d’asile commune, car ils ont tous signé les traités », a conclu M. Castellucci.

Qui est à bord ?

On peut toutefois se demander quels seront les États membres de l’UE qui participeront effectivement à l’initiative franco-allemande.

L’annonce allemande d’une « coalition de ceux qui sont prêts à accueillir des réfugiés » a suscité peu de réactions dans l’ensemble de l’Union.

EURACTIV a constaté que, en dehors de l’Autriche, aucun débat public sur la question n’a eu lieu dans aucun État membre de l’UE.

De plus, la plupart des ministères de l’Intérieur contactés par EURACTIV ont déclaré qu’ils n’avaient pas discuté de la proposition allemande en interne.

Selon le ministre de l’Intérieur allemand, 12 États membres font actuellement partie de ceux qui sont « prêts à accueillir » des réfugiés. Il n’a toutefois pas été possible de confirmer de quels États il s’agit malgré plusieurs demandes d’informations envoyées au ministère de l’Intérieur.

Selon certains cercles de ministres de l’Intérieur de l’UE, ce chiffre serait exagéré.

Par conséquent, la forme que prendront les négociations sur la « solidarité obligatoire » reste à voir.

Récemment, le 21 janvier, 16 États membres de l’UE ont proposé une orientation plus restrictive de la politique migratoire de l’UE. Dans une déclaration commune, les États membres ont principalement appelé à une protection plus rigoureuse de la frontière extérieure de l’UE pour empêcher la « migration illégale » ainsi qu’à une politique de retour plus restrictive.

Parmi les signataires figurent également Malte et la Grèce, qui sont favorables au principe de la répartition mais s’opposent avec véhémence à un accroissement du nombre de migrants admis dans l’UE.

Le ministre français de l’Intérieur a toutefois souligné le fort soutien dont bénéficient ces règles de solidarité obligatoires.

« La solidarité est, bien sûr, importante pour les pays méditerranéens, mais également pour les États de l’Est de l’UE. La solidarité contribuera à la répartition, et elle sera contraignante », a déclaré M. Darmanin.

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