Que pensent les Français de l’Europe ?

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Actualité


19.02.2019

Steven Kakon

Dans la perspective électorale du 26 mai 2019, que pensent les Français de l’Europe ? Quels sujets souhaitent-ils voir abordés pendant la campagne ? C’est à ces questions que le dernier sondage Eurobaromètre, publié le 18 février, tente de répondre.

Crédits : Fredex8 / iStock

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Du Portugal à l’Estonie, de l’Irlande à la Croatie, les attentes des citoyens européens et le regard qu’ils portent sur l’Europe sont très hétérogènes dans les 28 Etats membres. C’est en tout cas ce qui ressort de la dernière enquête Eurobaromètre, dont les résultats ont été dévoilés le 18 février 2018.

Où se situe la France dans cette diversité ? Entre « attachement« , « méfiance » et « pessimisme » à l’égard de l’UE, les Français semblent adopter une posture bien ambivalente, selon l’échantillon représentatif de 1 072 personnes interrogées par l’institut TNS entre le 5 et le 19 novembre 2018.

Les Français « attachés » mais aussi « méfiants » à l’égard de l’UE

Le sondage met d’abord en avant un certain attachement des Français à l’UE : 59% des citoyens se disent « attachés à l’Europe« , contre seulement 42% des Grecs par exemple.

Mais la France se situe en dessous de la moyenne européenne (65%) ou de l’Allemagne (80%). Et la méfiance des sondés semble croître lorsque des questions plus précises leur sont posées, comme « Vous sentez-vous citoyens de l’Union européenne ?« . Là encore, les Français se situent en dessous de la moyenne européenne avec seulement 26% de répondants qui se sentent « totalement citoyens » (contre 56% au Luxembourg) et 62% qui se sentent citoyens « dans une certaine mesure« .

Les Français jugent tout de même positivement certains apports de l’Europe : à leurs yeux, l’Union européenne représente ainsi, avant tout, « la liberté de voyager, étudier et travailler partout dans l’UE » (49%). Mais ils sont aussi 30% à penser que l’UE est synonyme de gaspillage d’argent et 26% à assimiler l’UE au manque de contrôles aux frontières extérieures.

Globalement, ils sont donc partagés sur l’Europe. Seulement 33% d’entre eux ont confiance dans l’Union européenne, contre 65% des Lituaniens (et seulement 31 % des Britanniques et 26 % des Grecs). Par ailleurs, 34% des Français voient l’UE d’un œil « plutôt positif » ou « très positif« , mais ce chiffre est en baisse par rapport à 2017. 38% d’entre eux disent désormais avoir une image « neutre » de l’Union, et 27% en ont une perception « très négative » ou « plutôt négative« .

Au final, la moyenne des Européens a donc une image bien plus positive de l’Union européenne (43%) que les Français :

Evolution de l'opinion des Français sur l'UE de 2006 à 2018Evolution de l’opinion des Européens sur l’UE de 2006 à 2018

Des Français pessimistes pour l’avenir de leur pays et de l’Europe

Dans le contexte social et sociétal actuel, « très dégradé » en France selon les termes de l’étude, les Français sont très pessimistes sur la situation de leur pays et de l’Europe. A peine moins que les Grecs et les Hongrois, derniers du classement européen.

Tandis que 70% des Italiens, 68% des Maltais et plus généralement 35% des Européens estiment que les choses vont « dans la bonne direction » dans leur pays respectif, seuls 21% des Français partagent cette opinion. Si ces derniers sont inquiets de la situation actuelle en France, c’est avant tout à cause du chômage (qui devrait être la priorité pour 38% d’entre eux) et de la hausse des prix et du coût de la vie (31%). Au cœur de leurs préoccupations, ce dernier thème lié au pouvoir d’achat grimpe de 14 points par rapport au dernier sondage réalisé au printemps 2018.

Le terrorisme, qui était considéré comme un enjeu majeur en 2015 dans le contexte des attentats, apparaît désormais moins comme une priorité aux yeux des Français (18%, soit -4%). A l’inverse, les questions environnementales, climatiques et énergétiques gagnent en importance (+3 points).

La moitié des Français (51%) se déclarent également « pessimistes » quant à l’avenir de l’Union européenne, mais leurs priorités ne sont pas nécessairement identiques à cette échelle. Par exemple, l’immigration est toujours considérée par les répondants français comme l’enjeu majeur auquel l’UE doit faire face (33%), alors que seuls 15% estiment que c’est un souci majeur de la France.

A l’échelle de l’Union, les thèmes du changement climatique (22%) et de l’environnement (15%) progressent aussi, alors qu’il y a cinq ans, des sujets tels que le chômage et la dette préoccupaient davantage les Français. Le terrorisme, pour sa part, semble moins préoccupant qu’auparavant (22%), mais il reste la seconde priorité européenne aux yeux des Français.

Malgré les critiques, une demande de « plus d’Europe »

Au vu de ces nombreuses critiques et préoccupations, l’Eurobaromètre a également voulu évaluer le niveau du potentiel « rejet » de l’Europe chez les Français.

Mais en fin de compte, 60% d’entre eux sont en « total désaccord » avec l’idée selon laquelle la France pourrait « mieux faire face aux défis futurs en dehors de l’Union« , contre 30% qui pensent l’inverse, tout près de la moyenne européenne.

19% des Français sont même « tout à fait favorables » au renforcement de la prise de décision au niveau de l’UE, et 45% sont « plutôt d’accord » avec cette idée. Le 4ème plus haut score des Vingt-Huit sur la question.

Une grande majorité des sondés souhaite également poursuivre ou renforcer certaines politiques existantes. 72% des Français sont ainsi favorables à l’euro, positionnement qui n’a pas véritablement évolué depuis cinq ans. Les Français se montrent aussi ouverts à de nouvelles mesures à l’échelle européenne, 60% d’entre eux se disant favorables à une politique étrangère commune aux 28 Etats membres.

 

Plusieurs éléments doivent amener le lecteur à adopter un regard critique sur les sondages, qui peuvent avoir plusieurs biais :

  • La manière dont les questions sont formulées peut orienter le sondé à répondre d’une certaine manière ou alors tout simplement susciter son incompréhension. C’est un argument qui a notamment été développé par le sociologue français Pierre Bourdieu dans « L’opinion publique n’existe pas » (1972).
  • Le postulat selon lequel la production d’une opinion est à la portée de tous a été remis en question par Pierre Bourdieu. En effet, à l’inverse de ce que tendent à nous faire croire les sondages, tous les individus n’ont pas forcément un avis sur les questions européennes.
  • Bien que les possibilités de réponses telles que « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord » ont pour mérite de nuancer le propos, la différence entre les deux options est peu saisissable.

Pour consulter les résultats européens : Eurobaromètre Standard 90 – Automne 2018.

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https://www.touteleurope.eu/actualite/que-pensent-les-francais-de-l-europe.html