« Approche comparative des modèles de gouvernance »

Etude empirique fort intéressante menée par Gérard Hirigoyen et Thierry Poulain-Rehm qui établit que l’appartenance à un modèle de gouvernance déterminé exerce une influence sur les scores de gouvernance des entreprises ( attribués par l’agence de notation sociétale Vigeo.) Menée sur un echantillon de 434 sociétés cotées sur la période 2010-2014, les résultats mettent en relief une supériorité des entreprises anglo-saxonnes en matière de gouvernance d’entreprise, sur les entreprises d’Europe continentale et sur les sociétés asiatiques. 

Ma Remarque  : un « benchmark » intéressant, à condition d’en poser les limites ce que font les auteurs. Comme pour la gouvernance publique, la dimension spécifique de la culture d’entreprise dominante dans un pays ou une région n’est pas forcément adaptable ou praticable ailleurs ;  la notion elle même de bonne gouvernance restant fort complexe à appréhender et mesurer même si les scores attribués par Vigeo permettent un exercice de comparaison mesurable.

Le gros ouvrage (700 pages) en gouvernance comparée publié aux éditions Economica en 2006 : Gouvernance d’entreprise en Europe devraitn si un jour je me lançais dans une réactualisation, outre un update par pays, comporter un chapitre plus important sur les règles communes (cadre de droit issu de l’ OCDE et de l’Union européenne,etc. Parce que les IDE se sont largement développés dans le monde  générant une certaine porosité ou hybridation des modèles et avec comme résultat concret de la montée de l’activisme des exigences assez proches des investisseurs,au final sur quelquzs basiques.

J’en reviens donc à quelques fondamentaux: un bon système de gouvernance est celui où est assurée la transparence, la responsabilisation de chacun et tous, l’existence de contre-pouvoirs. Et ce quelques soient les outils, process, mécanismes, et règles choisies,et c’est valable pour la gouvernance publique 

 

Bref fort intéressant article paru dans La Conversation , tiré de l’étude elle même parue dans Revue française de gestion 2017/4 (N° 265) Ed: Lavoisier

Les auteurs nous disent :  »  Les résultats mettent en relief une supériorité des entreprises anglo-saxonnes en matière de gouvernance d’entreprise, non seulement sur les entreprises d’Europe continentale et sur les sociétés asiatiques. rattachées au modèle anglo-saxon, en suggérant aussi l’adoption de principes de « bonne gouvernance » sur le fondement de référentiels communs, tendent à accréditer l’idée d’une convergence des systèmes et des pratiques. Ils n’excluent pas pour autant l’idée d’une pluralité de modèles de gouvernance susceptibles de coexister compte tenu de la prégnance des différences institutionnelles. Ils n’excluent pas non plus l’hypothèse d’une hybridation des systèmes de gouvernance par combinaison d’éléments empruntés à des modèles distincts ».

https://theconversation.com/un-systeme-de-gouvernance-peut-il-etre-considere-comme-superieur-aux-autres-89481

 

 

Viviane De Beaufort

Professeure ESSEC engagée pour un #Monde responsable, une #Europe intégrée, la #Mixité, un changement de modèle, la gouvernance pérenne et inclusive, le #DD, #GENY et #Startuppeuses. Fan de @Voyagir. Chevalier du Mérite et de la Légion d'Honneur.

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