L’accord « post-Cotonou » est à portée de main – EURACTIV.fr

L’accord longuement reporté devant succéder à l’accord de Cotonou conclu entre l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) devrait se concrétiser d’ici à la fin de l’année.

Mi-février, peu de temps avant le début de la pandémie de COVID-19, les équipes de négociations de l’UE et l’OEACP, dirigées par la commissaire européenne chargée des partenariats internationaux Jutta Urpilainen et le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, s’étaient entendues pour prolonger l’accord existant jusque décembre 2020.

L’accord, qui couvre les relations commerciales et politiques entre l’UE et les pays ACP, a été signé en 2000 et arrivait à échéance en mars 2019.

Les négociations pour la mise en place d’un pacte post-Cotonou ont débuté lentement. Ainsi, en 2018, plusieurs États africains s’étaient opposés à la refonte structurelle de l’OEACP et à ce que l’Union africaine mène les pourparlers transcontinentaux.

Après avoir initialement accepté de négocier un accord transcontinental passé par l’Union africaine, certains États africains avaient fait volte-face à la dernière minute pour continuer les démarches UE-OEACP, mais avec des protocoles transcontinentaux.

Début mars, l’équipe de Mme Urpilainen avait établi un programme ambitieux visant à conclure les négociations d’ici à la fin avril, laissant une marge de sept mois pour vérifier la valeur juridique du nouveau traité dans le but qu’il soit ratifié à la fin novembre.

Cet agenda avait rapidement été abandonné alors que la pandémie s’imposait petit à petit sur le devant de la scène internationale, déclenchant ainsi un confinement paneuropéen. Toutefois, les négociateurs se sont retrouvés cet été et avancent désormais qu’une prolongation supplémentaire ne sera pas nécessaire.

Entre temps, un porte-parole de la Commission européenne a révélé que le texte post-Cotonou était prêt à 95 %.

Selon un représentant européen « tout porte à croire qu’un accord sera trouvé d’ici à décembre 2020 ».

L’ambassadeur du Botswana auprès de l’Union européenne, Samuel Outlule, a indiqué que « la volonté politique était bien présente au sein des deux parties à l’accord. L’échec ou l’enlisement ne sont pas une option ». Selon lui, il y a « 99 % » de chances que les négociations soient fructueuses.

« L’UE et les pays ACP ont fait preuve d’engagement et de compromis au fil des discussions, à un point tel qu’il est inconcevable d’imaginer un abandon des procédures à la dernière minute », a déclaré le diplomate.

« Nous sommes optimistes », a-t-il ajouté. « L’ensemble des pays membres de l’OEACP est engagé dans un accord qui convient à tout le monde ».

En outre, des divergences persistent au sein du navire européen sur les conditions d’immigration, les voies d’immigration légales ainsi que la réadmission de demandeurs d’asile déboutés et de migrants économiques. Des questions de santé sexuelle et génésique de même que plusieurs sujets traitant des droits de l’homme doivent encore être abordés.

À l’heure actuelle, l’UE s’entretient toujours avec l’Union africaine sur la Stratégie UE-Afrique, qui devrait être adoptée lors d’un sommet organisé à Bruxelles en octobre, même si les récentes restrictions de voyage en raison du COVID-19 pourraient en décider autrement.

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