politique migratoire – négociations à petits pas – EURACTIV.fr

À la suite d’une réunion informelle des ministres européens de l’Intérieur, le représentant slovène Aleš Hojs a déclaré que même si les États membres souhaitaient voir des progrès dans les négociations concernant le nouveau Pacte sur la migration et l’asile, des divergences subsistaient.

Néanmoins, nous avons franchi une étape lors de la réunion organisée au domaine de Brdo pri Kranju, a-t-il fait savoir jeudi (15 juillet).

Les ministres européens ont en effet affiché une certaine volonté de faire avancer les choses afin d’élaborer une politique commune sur la migration. De même, ils semblent avoir trouvé un terrain d’entente sur le cadre juridique de la base de données du système européen de comparaison des empreintes digitales (Eurodac), a révélé M. Hojs.

Les progrès du processus de négociations dépendront des compromis avec le Groupe Méditerranée et les pays de Visegrad, a-t-il ajouté.

De son côté, la commissaire européenne pour les Affaires intérieures, Ylva Johansson, a appuyé que l’UE n’était pas dans une impasse en ce qui concerne le pacte sur la migration.

Selon elle, le bloc a accompli plus d’avancées que certains le croyaient, rappelant que les États membres s’étaient récemment accordés sur la carte bleue européenne et la nouvelle Agence de l’UE pour l’asile – deux dossiers bloqués pendant des années.

Les accomplissements des présidences portugaise et allemande du Conseil de l’UE illustrent que le navire européen est parvenu à trouver des compromis et à aller de l’avant.

La révision prévue du code frontières Schengen était également à l’ordre du jour de la réunion.

D’après la représentante de l’exécutif européen, il convient de retirer un point essentiel de cette table ronde : les contrôles aux frontières intérieures de l’UE ne seront envisagés qu’en cas de mesures extrêmes.

Parallèlement, M. Hojs a avancé que la volonté de renforcer une nouvelle fois l’espace Schengen et de protéger les frontières extérieures était si forte qu’il ne faisait aucun doute que des progrès seraient obtenus sur ces questions. Néanmoins, il est vraisemblable que le pays qui rependra les rênes du Conseil de l’UE après la Slovénie devra tout de même se focaliser sur ces enjeux.

L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) ne viendra probablement pas protéger la frontière entre la Croatie et la Slovénie, bien que M. Hojs ait déclaré qu’il serait content si elle le faisait.

Au vu de la crise migratoire en Lituanie, le représentant du Conseil a indiqué que Frontex n’était pas suffisamment utilisée.

Mme Johansson a avancé que l’article 41 du code frontière Schengen prévoyait le déploiement de Frontex aux frontières intérieures de l’UE en cas de situations extrêmes, bien que cela ne soit jamais arrivé jusqu’à présent.

À l’occasion de la réunion, les ministres ont exprimé leur soutien à la Lituanie, ajoutant qu’il était inacceptable de la part du Belarus d’utiliser des personnes comme moyens de pression politique sur l’UE. Dans ce contexte, la commissaire suédoise a souligné que le bloc devait se montrer solidaire et protéger ses frontières externes.

En outre, les ministres se sont entretenus sur la réglementation de l’intelligence artificielle, s’accordant sur le fait qu’il serait mal venu de limiter son utilisation aux enquêtes criminelles, a fait valoir M. Hojs.

Pour Mme Johansson, certaines mesures de sécurité sont certes nécessaires, mais elles ne doivent pas faire obstacle au travail de la police.

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