Les sanctions américaines sur l’Iran et les entreprises qui travaillent dans le pays vont s’appliquer dès le 7 août. Mais plusieurs ministres européens et la chargée de la diplomatie pour l’Union ont décidé de mettre en place des mesures pour protéger les entreprises du Vieux Continent.

À partir de mardi 7 août, les États-Unis vont de nouveau imposer des sanctions économiques sur l’Iran. Cette mesure fait suite à la décision de Donald Trump de quitter l’accord sur le nucléaire iranien. Aussi, lundi 6 août, l’Union européenne a annoncé l’entrée en vigueur d’une législation pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays.

« Nous regrettons profondément la réimposition de sanctions par les États-Unis, en raison du retrait de ce dernier du Plan d’action global conjoint (JCPOA, le nom officiel de l’accord nucléaire iranien)« , ont déclaré les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Ces trois pays étaient impliqués dans la conclusion de l’accord conclu en 2015. Ce communiqué est cosigné par Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne.

Non aux sanctions extraterritoriales

« Nous sommes déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran, conformément au droit de l’UE et à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU« , assurent les Européens.

« C’est pourquoi le statut de blocage mis à jour par l’Union européenne entre en vigueur le 7 août, afin de protéger les entreprises de l’UE qui font des affaires légitimes avec l’Iran contre les conséquences des sanctions extraterritoriales américaines« , ont précisé les signataires de la déclaration de l’UE.

« Nous attendons de l’Iran qu’il continue de mettre pleinement en œuvre tous ses engagements nucléaires au titre du JCPOA« , précisent-ils toutefois.

Des institutions financières souveraines

« Les autres parties au JCPOA (Chine et Russie, ndr) se sont engagées à travailler à la préservation et au maintien de canaux financiers efficaces avec l’Iran et à la poursuite des exportations iraniennes de pétrole et de gaz« , précisent les Européens qui ne sont pas seuls à s’opposer à la décision de Washington.

Cette décision européenne fait écho aux déclarations récentes du ministre français de l’Economie, Bruno le Maire, alors que plusieurs entreprises françaises sont menacées.

« Notre priorité est de bâtir des institutions financières européennes indépendantes souveraines qui permettent des canaux de financement entre des entreprises françaises, italiennes, allemandes, espagnoles et n’importe quel autre pays de la planète car c’est à nous européens de choisir librement et souverainement avec qui nous voulons faire du commerce« , expliquait-il en juin dernier.

Total, PSA et Renault

« Les États-Unis n’ont pas à être le gendarme économique de la planète et comme visiblement le président américain a décidé d’être le gendarme économique de la planète, c’est à nous de nous doter d’instruments pour ne pas être les victimes de ce choix« , ajoutait-il.

Parmi les entreprises françaises concernées, on retrouve PSA qui a vendu 444 600 véhicules en Iran l’an passé et Total qui avait plusieurs projets de concessions dans le pays. Ce premier a déjà décidé de quitter le pays, tandis que le second atteint, sans réel espoir, d’une exemption américaine. Renault a décidé de rester, mais va « réduire la voilure ». Ludovic Dupin avec AFP.

Un article publié par Novethic.