La transition vers une économie européenne plus verte représente 25 % de la proposition de budget 2020-2027 présentée par la Commission le 2 mai.

L’action climatique sera intégrée à tous les programmes de l’UE, avec un objectif de 25 % de toutes les dépenses contribuant aux objectifs climatiques, a déclaré Miguel Arias Cañete, le commissaire européen en charge de l’action climatique.

Il s’agit d’une augmentation par rapport aux 20 % du budget actuel, qui couvre les années 2014-2020, a déclaré la Commission.

L’effort climatique couvrira les politiques d’intégration régionale, l’énergie, les transports, la recherche et l’innovation, l’agriculture ainsi que l’aide au développement, « faisant du budget de l’UE un moteur de durabilité », a expliqué l’exécutif dans une déclaration.

À la fin de l’année, Bruxelles présentera un « document de réflexion » pour examiner les « moyens possibles » d’intégrer davantage les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies dans l’élaboration des politiques de l’UE.

Taxe sur les plastiques et ETS

Le chiffre de 25 % est un « chiffre clé », a déclaré Jonathan Gaventa, directeur d’E3G, un groupe de réflexion sur le climat et l’énergie, qui s’est largement félicité de l’annonce du budget de la Commission.

Mais la façon dont il est calculé importe aussi, a-t-il averti. « Les 25 % pourraient représenter une augmentation importante ou être affaiblis », a-t-il déclaré à Euractiv avant que l’annonce ne soit officialisée. Les 25 % pourraient par exemple finir par être réduits si la Commission décide d’exclure les dépenses liées à l’immigration ou à la sécurité du total. »

Un autre aspect clé est de savoir si l’UE s’engagera à cesser de financer des projets de combustibles fossiles comme les gazoducs, ce qui, selon les environnementalistes, risque d’enfermer l’Europe dans des infrastructures inutiles.

D’autres parties du budget pourraient être controversées, comme une proposition visant à allouer 20 % des recettes provenant de l’échange de quotas d’émission de carbone au budget de l’UE, ainsi qu’une taxe sur les plastiques. La contribution nationale sera calculée sur la quantité de déchets d’emballages plastiques non recyclés dans chaque État membre (0,80 € par kilo), a déclaré la Commission dans une déclaration.

14 pays de l’UE soutiennent un budget plus vert

De nombreux États membres de l’UE – dont l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne – semblent prêts à soutenir les efforts de la Commission européenne en faveur d’un budget européen plus vert.

Le « groupe de la croissance verte », composé de 14 ministres européens de l’Environnement, a déjà demandé qu’au moins 20 % du budget de l’UE soit consacré à des politiques et infrastructures respectueuses du climat, et à une meilleure information et transparence sur la manière dont les fonds européens du « quota climatique » sont dépensés.

Ils ont également appelé à retirer le soutien aux projets à forte intensité de carbone qui sont contraires aux objectifs de Paris. « Les subventions qui ne respectent pas l’Accord de Paris, par exemple pour les projets à forte intensité de carbone, devraient être supprimées le plus rapidement possible et n’ont pas leur place dans le budget de l’UE », ont écrit les ministres dans une déclaration commune en début d’année.

Les grands absents du groupe des 14 sont les pays d’Europe centrale et orientale comme la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, des pays pour la plupart fortement dépendants du charbon pour l’électricité et le chauffage.

Leurs préoccupations sont principalement liées aux aspects sociaux de la transition énergétique. Certes, de nouveaux emplois sont créés dans l’économie verte – 19 millions dans le monde d’ici à 2050, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) – mais des emplois seront également détruits, ce qui signifie que les travailleurs de ces pays devront développer de nouvelles compétences.

Le Parlement européen soutient 30 %

« Avec l’Accord de Paris en ligne de mire, les dépenses liées au climat devraient être sensiblement augmentées par rapport au CFP actuel et atteindre 30 % dès que possible et au plus tard d’ici 2027 », ont déclaré les députés dans une résolution en mars.

Dans sa résolution, le Parlement européen demande que 30 % du budget de l’UE soit consacré aux technologies à faible émission de carbone, comme les énergies renouvelables, mais aussi à la préparation aux catastrophes naturelles – inondations et tempêtes – qui devraient augmenter en raison du réchauffement climatique.

Les eurodéputés appellent l’UE à créer un « fonds global » pour soutenir « une transition juste » vers une énergie à faible émission de carbone, « notamment dans les régions et les pays dépendants du charbon ». Un appel qui devrait faire des adeptes en Pologne et en Allemagne, deux pays fortement tributaires du charbon pour l’électricité.

Un article publié par notre partenaire Euractiv.