Politique migratoire : que proposent les candidats aux européennes ? Toute l’Europe



Actualité


23.05.2019

Justine Daniel

Submersion migratoire” pour certains, “crise humanitaire” ou “de l’accueil” pour d’autres… la question migratoire divise profondément l’échiquier politique français. L’Union européenne joue un rôle clé dans sa mise en œuvre, mais les Vingt-Huit peinent à s’accorder en la matière depuis le pic d’arrivées en 2015. Qu’en pensent les candidats au Parlement européen ? Tour d’horizon de leurs programmes.

Quelle politique migratoire pour l'UE ? - crédit : HieronymusUkkel / iStock

Quelle politique migratoire pour l’UE ? – crédit : HieronymusUkkel / iStock

Le contexte

En 2015, quatre ans après la mort du dirigeant Mouammar Kadhafi, des factions continuent de s’affronter pour prendre le pouvoir en Libye. Au Proche-Orient, Daesh monte en puissance dans une Syrie déchirée par la guerre civile. Et plus d’un million de migrants débarquent sur les côtes européennes. La gestion des flux migratoires aux portes de l’UE est alors régie, depuis les années 1990, par les accords de Dublin qui prévoient que le premier pays d’arrivée de l’exilé soit celui qui traite sa demande d’asile. En première ligne, la Grèce ou l’Italie (qui finira par fermer ses ports en 2018, à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir) dénoncent leur isolement.

Asile et immigration en Europe

En septembre 2015, le Conseil européen adopte donc “une loi de solidarité” provisoire permettant de répartir les réfugiés (les personnes ayant obtenu le droit d’asile) selon un système de quotas. Mais de nombreux États membres, dont la France ou la Hongrie, ne les respectent pas. Les années suivantes, la réforme de Dublin (engagée en 2015 pour organiser de façon pérenne la répartition des demandeurs d’asile dès leur arrivée dans l’UE) s’avère d’autant plus impossible que des partis “anti-migrants” s’installent au pouvoir. Les discussions patinent, les divergences se creusent. Et les différentes propositions de la Commission, même concernant le durcissement des procédures de retour, sont bloquées.

Faute de s’accorder sur une gestion commune des migrants, l’UE négocie plusieurs accords avec des pays tiers. Un premier en 2016 avec la Turquie qui bloque les migrants non éligibles au droit d’asile essayant de se rendre en Grèce. Un second avec la Libye : les gardes-côtes libyens, formés par l’UE, interceptent (parfois violemment) les bateaux de migrants pour les ramener dans des camps où les conditions de vie sont pourtant qualifiées de “calamité humaine” par l’ONU.

La politique d’immigration de l’UE : externaliser la crise ?

Les chiffres

Les derniers chiffres confirment que le nombre d’arrivées irrégulières dans l’UE est, en 2018, retombé aux niveaux d’avant la crise. Le nombre de passages frontaliers illégaux aux frontières extérieures de l’UE a ainsi été “inférieur de 92 % au sommet de la crise migratoire de 2015”, calcule l’agence Frontex.

Les arrivées de migrants sur les côtes méditerranéennes ont été divisées par 10 en moins de trois ans. En 2018, 141 472 personnes ont traversé la Méditerranée, selon l’ONU.

Cette même année, 580 800 personnes ont introduit une première demande d’asile dans les États membres de l’Union européenne. Un chiffre en baisse de 11 % par rapport à 2017. De son côté, la France a enregistré 110 500 nouvelles demandes d’asile.

Au total, entre 2014 et 2018, 17 821 personnes ont par ailleurs péri en tentant la traversée.

 

Que proposent les 8 premières listes (créditées de plus de 3 % des voix) ?

Si certains candidats aux élections européennes voient dans la question migratoire une crise humanitaire et proposent de promouvoir une politique européenne plus solidaire, d’autres continuent de parler de “submersion” et accusent l’Union européenne d’empêcher les États membres de mettre en place leur propre politique migratoire.

 

Le Rassemblement national (RN)

Le constat : Pour le RN, l’Union européenne est devenue un “espace ouvert à tous les vents” depuis la signature des accords de Schengen en 1985. L’UE fait preuve d’un “laxisme” qui a “rendu les nations d’Europe vulnérables à l’immigration clandestine qui se cumule à l’immigration régulière de masse” et qui, de surcroît, menace “nos identités“. L’Union européenne doit donc lutter contre l’immigration clandestine et régulière pour “protéger nos identités […] affirmer nos valeurs de civilisation face à l’islamisme” ou encore “renforcer notre sécurité“.

Le programme : Le RN considère qu’il faut d’abord “protéger” les frontières extérieures de l’Europe par “une coopération renforcée entre nos pays“. Sans préciser s’il s’agit de renforcer l’agence Frontex déjà existante ou de proposer un nouveau système. Quoi qu’il en soit, le RN veut aussi sortir de Schengen et rétablir le contrôle aux frontières nationales.

Qu’est-ce que l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) ?

Schengen : la carte des contrôles aux frontières nationales

Le RN propose également une “politique migratoire ferme” qui implique une “refonte du système d’asile“, l'”arrêt de l’immigration légale“, l'”expulsion des clandestins” ou encore donner la priorité aux Français pour les aides.  

Le parti de Marine Le Pen souhaite parallèlement “entretenir des relations politiques et développer un partenariat privilégié avec les pays limitrophes de l’Europe” et propose ainsi “une politique ambitieuse de développement des pays d’Afrique en conditionnant les aides financières à une étroite coopération pour maîtriser les flux migratoires vers l’Europe“.

Quant à Jordan Bardella, en première position sur la liste RN, il estime que les rapports alarmants sur la situation des camps de migrants en Libye sont “faux“.

 

Debout la France (DLF)

Le constat : Dans son “Manifeste pour les élections européennes“, DLF explique que “la disparition tragique des frontières nationales avec l’Accord de Schengen et la suppression des politiques nationales d’immigration ont ouvert un boulevard aux passeurs et à la submersion migratoire, aux mafias et aux réseaux islamistes“.

Le programme : ”Assurer la sécurité des nations d’Europe et stopper la submersion migratoire” est ainsi le premier chapitre du programme. Pour ce faire, le parti de Nicolas Dupont-Aignan propose de “supprimer les accords de Schengen” ou encore de “mobiliser les forces maritimes nationales pour détruire les réseaux de passeurs et raccompagner les clandestins dans leur pays d’origine“.

Il souhaite également “installer des centres de réfugiés aux frontières extérieures de l’Europe et expulser les déboutés du droit d’asile“. DLF propose enfin de “rendre aux États le contrôle exclusif de leur politique migratoire pour que chaque gouvernement soit maître de décider qui peut entrer ou non sur son territoire“. Ce qui est déjà le cas.

Depuis l’accord d’Amsterdam de 1997, l’UE peut définir (avec l’accord du Parlement et des États membres) les conditions d’entrée et de séjour en Europe des immigrants légaux (conformément par exemple à la directive “Retour” de 2008). Chaque État reste néanmoins libre de fixer le nombre de ressortissants de pays tiers qui est autorisé à rentrer sur son territoire.

DLF souhaite aussi “renforcer les critères d’assimilation pour les naturalisations“, limiter le regroupement familial et “instaurer un délai de carence de 5 ans pour l’octroi des aides sociales“.

Enfin, tout comme le RN, DLF veut “stopper l’immigration massive des pays africains” en conditionnant “un plan de développement […] du continent au maintien des habitants dans leurs pays respectifs“. 

[Fact checking] Viktor Orban, l’Union européenne et l’immigration : qui dit vrai et qui dit faux ?

 

Les Républicains (LR)

Le constat : L’Europe est une entité dont la France “n’a jamais eu autant besoin” notamment “face à l’immigration de masse“. Pourtant, “jamais [elle] n’est apparue aussi défaillante“. La priorité des Républicains est donc de rétablir “l’Europe frontière” qui “protège notre territoire, arrête l’immigration de masse, lutte contre le terrorisme islamiste et refuse tout élargissement“.

Le programme : Les Républicains souhaitent “mettre en place une double protection aux frontières” françaises et européennes, et “pérenniser le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures tant que les frontières extérieures ne nous protègent pas efficacement contre les flux migratoires incontrôlés“.

Comme DLF, LR demande que le traitement des demandes d’asile soit effectué en dehors des frontières européennes, “en amont de l’immigration“. Des “centres internationaux d’étude de l’asile” seraient déployés sur la rive sud de la Méditerranée ou au Proche-Orient pour étudier les candidatures. En cas de non-respect de cette procédure, les candidats à l’asile se verraient “refuser l’entrée sur le territoire de l’UE“.

LR veut aussi “doter l’Europe d’un véritable corps de gardes-côtes et gardes-frontières” et “ramener systématiquement les bateaux de migrants sur les côtes africaines pour sauver des vies et stopper les filières mafieuses d’immigration illégale” en “travaillant [avec les pays d’origine] à la neutralisation de ces bateaux de passeurs“.

L’expulsion de personnes en situation irrégulière devrait être plus efficace “grâce à un fichier européen des personnes faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire pour qu’elle soit effective dans tous les pays de l’espace Schengen“. Et une “harmonisation des procédures d’expulsion” au niveau européen via notamment la multiplication de “vols groupés organisés par Frontex“.

LR souhaite également conditionner l’aide aux pays tiers d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie au retour de leurs ressortissants arrivés illégalement en Europe et à l’obligation de lutter contre “l’immigration illégale et les filières mafieuses“.

Tout comme DLF et le RN, LR veut mettre fin “à l’accès automatique aux prestations sociales pour les extra-européen s’il n’y a pas eu au moins trois années de cotisation“.

Enfin, les Républicains veulent “dénoncer au niveau européen” le Pacte de Marrakech qui, selon eux, “encourage l’immigration et promeut le multiculturalisme“.

Qu’est-ce que le “pacte de Marrakech” sur les migrations ?

 

La République en marche (LaREM)

Le constat : “Jamais autant de migrants n’étaient arrivés en Europe qu’en 2015“, note la liste Renaissance. Et le “défi” que représente l’immigration “est toujours devant nous“. La France, “pays de destination pour les demandeurs d’asile et les migrants“, a “tout intérêt à mener une action commune“. A l’heure actuelle, les États membres “continuent très largement à agir en ordre dispersé“, “la lutte contre l’immigration illégale manque d’efficacité et l’accueil des réfugiés manque d’humanité“.

Le programme : En priorité, il s’agit de “construire une politique européenne de l’asile et de sauvegarder Schengen“. Pour ce faire, LaREM souhaite créer un Office européen de l’asile pour “harmoniser les critères de l’asile et coordonner les agences nationales“.

Des “centres d’examen des demandes d’asile” seront mis en place dans les pays européens “exposés” pour réduire les délais de réponse et permettre les reconduites. Une proposition déjà mise sur la table par la Commission européenne faute de réussir à répartir les demandeurs d’asile dans les États membres.

Enfin, chaque État devra “participer à l’effort commun” : “un pays qui souhaite bénéficier de la libre circulation […] doit prendre toute sa part à cette politique“.

En parallèle, LaREM veut “protég[er] les frontières et lutt[er] contre les passeurs“, via Europol qui se chargé d'”assécher les réseaux financiers, les priver de leurs moyens de propagande“, par exemple. Et via Frontex en augmentant ses missions et le nombre de gardes-frontières et gardes-côtes à 10 000 (une proposition déjà faite par la Commission européenne et qui est sur le point d’aboutir).

Pour “contrôler les flux migratoires de manière plus efficace“, LaREM veut aussi “augmenter les financements en faveur des retours volontaires” et “rendre effectifs les retours contraints en chargeant Frontex du rapatriement des migrants illégaux“.

Enfin pour “accompagn[er] l’intégration“, LaREM veut “soutenir les initiatives locales d’intégration” via des fonds européens destinés aux “municipalités qui accueillent les réfugiés“.

Nathalie Loiseau a précisé le double esprit du programme de LaREM lors d’une interview sur BFMTV le 10 mai : “Les réfugiés, c’est l’honneur de l’Europe, c’est le devoir de l’Europe. Nous avons inventé le droit d’asile, nous devons mieux accueillir ceux qui fuient la guerre et la persécution“. Toutefois, “s’agissant des migrations économiques illégales, il faut les empêcher, il faut ramener dans leur pays d’origine […] ceux qui ont essayé d’entrer illégalement sur notre territoire.

 

Place publique-Parti socialiste-Nouvelle donne (PS-PP-ND)

Le constat : Pour la liste d’union PP-PS-ND Envie d’Europe, la priorité est de “sauver les vies en danger” : “plus de 17 000 personnes sont mortes en Méditerranée entre 2014 et 2018“, rappelle le programme. “Toutes les questions sont liées : pour continuer à jouir de la liberté offerte par Schengen, nous devons être en capacité d’organiser l’accueil et l’arrivée des personnes dans un esprit de solidarité. Il n’y pas de réponse simpliste à la question migratoire, il n’y a qu’une réponse courageuse fondée sur nos principes et valeurs communes“.

Le programme : la liste PP-PS-ND propose donc de lancer une “version européenne et solidaire de l’opération de secours Mare Nostrum“, une opération militaro-humanitaire lancée par l’Italie en 2014 pour secourir les migrants qui font naufrage en mer mais interrompue du fait de son coût essentiellement supporté par l’Italie.

La mission proposée par la liste socialiste sera “menée par Frontex” qui n’a actuellement pas de mandat officiel en ce sens. La liste conteste par ailleurs l’actuelle politique migratoire européenne : “L’Union européenne doit cesser d’appuyer des actions qui conduisent au renvoi des personnes secourues en Libye en violation des droits fondamentaux“.

La liste socialiste propose de “mettre fin au règlement de Dublin” car “les pays de première entrée se retrouvent seuls à assurer le premier accueil“. L’alternative : “renforcer le régime d’asile européen commun” et “créer un office européen de l’asile indépendant“. Pour la liste Envie d’Europe, la création de centres de demandes d’asile en dehors des frontières doivent cesser.

Pour lutter contre les passeurs, le PS propose de “mettre en place des visas humanitaires et des voies légales de migration“. La liste souhaite aussi “renforcer la gestion commune des frontières extérieures” afin de “sauver l’espace Schengen“.

Enfin, un “système incitatif d’allocation de fonds européens aux collectivités locales et aux collectifs associatifs” qui accueillent les migrants est également défendu.

 

Europe Ecologie – les Verts (EE-LV)

Le constat : Les écologistes inscrivent la politique migratoire dans leur projet global “Bien vivre” : “une philosophie de réconciliation et de respect de l’environnement et des êtres humains“.

Nous assistons aujourd’hui à la résurgence des frontières (suspension de Schengen et construction de murs au sein même de l’Union) et observons des tensions renouvelées“, explique le programme. L’UE est dans “l’incapacité de construire une réponse commune ambitieuse au défi migratoire et à l’arrivée de réfugiés fuyant des pays en guerre“. “Le projet écologiste […] prône une politique d’immigration ouverte et humaniste, permettant une autre approche des rapports Nord-Sud que la guerre aux migrants menée actuellement par l’Union européenne à travers l’agence Frontex“, affirme EE-LV.

Le programme : Pour ouvrir cette fameuse “nouvelle voie” en matière migratoire, EE-LV propose une “politique des migrations respectueuse des droits” et de la “dignité“, qui passerait notamment par la suppression des clauses migratoires négociées dans les accords bilatéraux. “Quel que soit le motif de leur migration : que l’on soit migrant économique, demandeur d’asile politique ou réfugié climatique, la démocratie impose le respect des droits humains“, soulignent les écologistes dans leur “Plan d’action pour l’Europe“.

Le parti propose également “la suspension du renvoi des demandeurs d’asile dans le pays de première entrée dans l’Union européenne, prévu par les accords de Dublin“, et estime donc que la France devrait “accueillir un nombre plus important de personnes réfugiées venues directement d’un premier pays d’asile“, tout comme ses voisins européens selon un système de quotas. Comme les autres listes de gauche, EE-LV prévoit l'”abrogation du délit de solidarité“.

EE-LV défend également, sans précision sur les moyens, “la lutte contre les filières mafieuses et toutes les formes d’exploitation de la précarité, en particulier des immigrés, dont de nombreux mineurs et jeunes non accompagnés“.

Enfin, les écologistes proposent “d’offrir aux travailleurs immigrés âgés et à leurs conjoints un dispositif spécifique d’hébergement, d’écoute, d’amélioration et de suivi des droits à la pension“.

 

La France insoumise (LFI)

Le constat : Pour la France insoumise, l’UE ne protège pas assez les “droits et les libertés” des personnes exilées “face aux réactionnaires“. LFI souhaite “arrêter la guerre aux migrants et permettre à chacun de ‘vivre et travailler’ au pays“.  

Le programme : LFI veut d’abord “combattre les causes de l’exil forcé qu’est l’émigration“. Cela implique notamment de “stopper les accords commerciaux et économiques inégaux avec les pays en développement” et de “lutter contre le changement climatique” et les guerres.  

En matière de gestion des flux migratoires, LFI appelle à refuser “les accords honteux qui maintiennent les migrants dans des pays non démocratiques [Turquie, Libye] au mépris des droits humains les plus élémentaires“.

Les Insoumis s’opposent donc au traitement des demandes d’asile dans des pays tiers et soutiennent la mise en place de “règles d’harmonisation du système d’asile” dans l’UE, pour remplacer le système de Dublin.

LFI défend également la création d’un “corps européen civil de secours et de sauvetage en mer” pour porter assistance aux embarcations de fortune qui traversent la Méditerranée. Tout comme EELV et la liste PS-PP-ND, LFI défend “l’abolition du délit de solidarité“, et ce au niveau européen.

Afin de “garantir le droit d’asile“, “l’accès aux droits fondamentaux“, mais aussi d’aider les réfugiés qui le souhaitent à rentrer chez eux, LFI propose de “mobilis[er] des financements européens“. La liste réclame l’interdiction du “placement en centre de rétention de mineurs et familles“.

Une chute de l’immigration serait coûteuse pour l’Europe

 

Le Parti communiste français (PCF)

Le constat : “Nous vivons dans une drôle d’UE : des frontières fermées pour celles et ceux qui cherchent l’asile chez nous et des frontières grandes ouvertes pour les fraudeurs fiscaux […] : ceux-là nous ruinent et on les laisse circuler sans jamais les embêter“, a constaté Ian Brossat lors du débat du 22 mai sur France 2. Pour la tête de liste PCF, accueillir “celles et ceux qui fuient la misère“, c’est “notre devoir“.

Il n’y a pas d’invasion migratoire“, clame également Ian Brossat. En 2015, “la population qui est arrivée dans l’UE représentait 0,2 % de la population européenne“.

Le programme : Le PCF propose donc d'”accueillir dignement les migrants dans le respect des conventions internationales” et un “accueil inconditionnel des mineurs, notamment les mineurs isolés“. L’accueil devra être organisé avec une “clé de répartition au niveau de l’UE“, autrement dit un système de quotas, à l’instar d’EE-LV. Le PCF souhaite également “ouvrir le statut de réfugié.e.s à toutes celles et tous ceux qui sont contraints à l’exil forcé“.

Dans cette perspective, le PCF propose d'”organiser la refonte globale du règlement  de Dublin en supprimant la notion de premier pays entrant“, de “réorienter Frontex vers le sauvetage en mer“, de “délivrer des visas humanitaires au plus près des zones de tension” ou encore l'”interdiction du délit de solidarité“.

Comment affronter le refus de la Pologne et de la Hongrie d’accueillir des migrants ? “La Hongrie bénéficie de 12 milliards d’euros chaque année de l’Union européenne […] en échange elle ne peut pas laisser les pays du Sud gérer seuls” l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés, explique également Ian Brossat. Selon le PCF, il faut donc conditionner l’accès aux fonds européens à l’accueil de réfugiés.



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