Elections européennes 2019 : les partis arrivés en tête, pays par pays

Un article publié par notre partenaire Toute l’Europe


Les résultats du scrutin européen sont définitifs dans 8 Etats membres. Ailleurs, les prévisions se poursuivent. Dans 12 d’entre eux, dont l’Allemagne et l’Autriche, les conservateurs arrivent en tête. Tandis que dans 6 autres, dont l’Espagne et les Pays-Bas, ce sont les sociaux-démocrates qui obtiennent la première place. En France et Italie, l’extrême droite finit en tête.


Dernière mise à jour : 27 mai, 14h00. Les chiffres sont issus des résultats provisoires, définitifs ou des estimations de sortie d’urnes publiés par le Parlement européen.

Allemagne

Annoncée en tête par les sondages, la CDU/CSU (conservateurs) arrive en tête des élections européennes en Allemagne, recueillant 28,9 % des voix (résultats définitifs). Le parti d’Angela Merkel devance les Verts, qui obtiennent l’un des meilleurs résultats électoraux de leur histoire avec 20,5 % des suffrages. Le Parti social-démocrate est relégué à la troisième place, n’obtenant “que” 15,8 % des voix, soit sa plus mauvaise performance pour un scrutin européen. Quant à l’Alternative pour l’Allemagne (extrême droite), le parti recueille 11 % des voix, confirmant donc son implantation dans le paysage politique allemand.

Autriche

L’ÖVP (conservateurs) du Premier ministre Sebastian Kurz arrive largement en tête avec 34,9 % des suffrages (résultats provisoires). Il devance le Parti social-démocrate (SPÖ), qui recueille 23,4 % des voix. Tandis que le FPÖ (extrême droite) obtient pour sa part 17,2 % des voix. Les sondages publiés en amont du vote prévoyaient des résultats plus serrés. Il est donc probable que le scandale Ibiza, qui a emporté le FPÖ à quelques jours du scrutin, aura joué rôle important dans le choix des Autrichiens. Une partie des électeurs du FPÖ semblent en effet s’être reportés sur le parti de M. Kurz.

Belgique

Comme toujours, le paysage politique apparaît éclaté en Belgique (résultats provisoires). Le NV-A (droite souverainiste) obtient le meilleur score, avec 13,5 % des voix, devançant de peu le Vlaams Belang (extrême droite, 11,5 % des voix), le Parti socialiste wallon (10,5 %), l’Open VLD (libéraux, 9,6 %), le CDV (conservateurs, 8,7 %), les Ecolos wallons (7,8 %), le Mouvement réformateur (libéraux, 7,6 %), ou encore les Verts flamands (7,4 %).

Bulgarie

En Bulgarie, c’est le GERB, parti du Premier ministre Boiko Borissov (conservateurs), qui termine en tête, avec 30,9 % des voix (résultats provisoires). Le Parti socialiste bulgare obtient la deuxième position, avec 24,2 % des suffrages.

Chypre

A Chypre, c’est le Rassemblement national (conservateurs) qui termine en tête, avec 29,0 % des voix (résultats définitifs). Le parti devance le parti progressiste des travailleurs (communiste), qui obtient 27,5 % des suffrages.

Croatie

En Croatie, le parti du Premier ministre Andrej Plenkovic (conservateurs) obtient la première place avec 22,7 % des voix (résultats définitifs). Il devance le Parti social-démocrate croate, qui recueillerait 18,7 % des suffrages.

Danemark

D’abord annoncé en deuxième position, le parti libéral Venstre termine finalement la course à la première place au Danemark avec 23,5 % des suffrages (résultats provisoires). La formation de Margrethe Vestager, cheffe de file des libéraux européens pour ces élections et candidate à la présidence de la Commission, devance ainsi le Parti social-démocrate (21,5 % des voix). Le Parti populaire danois (droite souverainiste), qui était arrivé en tête en 2014, essuie pour sa part un revers, descendant à quatrième place avec 10,7 % des voix.

Espagne

En Espagne, le Parti socialiste ouvrier (PSOE) confirme son score des élections législatives d’avril dernier, en obtenant 32,9 % des voix (résultats provisoires). La formation de Pedro Sanchez devance largement le Parti populaire (conservateurs), qui recueille 20,1 % des suffrages. Suivent Ciudadanos (libéraux) avec 12,2 % des voix, Podemos (gauche radicale) avec 10,0 % des voix et Vox (extrême droite) avec 6,2 % des voix.

Estonie

En Estonie, c’est le Parti de la réforme (libéral) qui obtient la première place avec 26,2 % des voix (résultats provisoires). Il devance le Parti social-démocrate (23,3 % des voix) et un autre parti libéral, le Parti du centre (14,4 % des voix). Le Parti populaire conservateur (extrême droite) bénéficie également d’un score important, 12,7 % des suffrages, et de la quatrième place.

Finlande

Comme prévu, les résultats sont serrés en Finlande. Avec 20,8 % des voix, le Kokoomus (conservateurs) obtient la première place devant les Verts, qui recueillent 16,0 % des suffrages (résultats définitifs). Les sociaux-démocrates suivent avec 14,6 % des voix, puis les Vrais Finlandais (droite souverainiste) avec 13,8 % des voix.

France

La lutte aura été serrée jusqu’au bout. Le Rassemblement national l’emporte finalement d’une courte tête sur la liste Renaissance menée par La République en marche, recueillant 23,3 % des voix contre 22,4 % (résultats définitifs). Le RN conserve donc sa première place acquise en 2014, tandis que la majorité présidentielle obtient un score assez comparable à celui de la présidentielle 2017 (24,01 %). La troisième place revient ensuite à Europe Ecologie-Les Verts, avec 13,5 % des suffrages : un score inférieur à celui de 2009 (16,3 %), mais nettement supérieur à celui de 2014 (8,9 %). Les Républicains n’atteignent qu’une décevante quatrième place, chutant à 8,5 % des voix. Les deux derniers partis qui sont en mesure d’envoyer des eurodéputés au Parlement européen sont La France insoumise (6,3%) et l’alliance conduite par Place publique et le Parti socialiste (6,2 %).

Grèce

Retour en grâce pour la Nouvelle démocratie (conservateurs) en Grèce : le parti obtient 33,3 % des suffrages (résultats provisoires) et devance assez largement Syriza (gauche radicale). La formation d’Alexis Tsipras recueille pour sa part 23,7 % des voix, chutant de 3 points par rapport à 2014, et cédant donc la première place. Rapidement après l’annonce des résultats provisoires, M. Tsipras a annoncé l’organisation d’élections législatives anticipées. Prévues pour octobre, ces dernières devraient donc avoir lieu dès le mois de juin.

Hongrie

Le triomphe avait été prévu par les instituts de sondage : le Fidesz de Viktor Orban obtient la première place avec 52,3 % des suffrages en Hongrie, terrassant l’ensemble de ses adversaires et consolidant un peu plus sa position hégémonique sur l’échiquier politique. Suivent en deuxième position une coalition de centre-gauche avec 16,2 % des voix (résultats provisoires). Notons que le Jobbik (ultra droite) recule par rapport à son score de 2014, avec 6,4 % des suffrages.

Irlande

Comme prévu, le Fine Gael (conservateurs) du Premier ministre Leo Varadkar remporterait les élections européennes en Irlande, avec 29 % des voix (estimations). Les libéraux du Fianna Fail, les Verts ainsi que les candidats indépendants suivraient avec pour chacun 15 % des suffrages. Quant au parti républicain du Sinn Fein, siégeant au sein du groupe de la gauche radicale au Parlement européen, il obtiendrait 13 % des voix.

Italie

La victoire était anticipée par les instituts de sondages : la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini finit en première position avec 34,3 % des voix (résultats provisoires). Le parti, allié du Rassemblement national au niveau européen, devance assez largement le Parti démocrate (social-démocrate), qui recueille 22,7 % des voix. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), actuel partenaire de coalition de la Ligue, n’obtient que la troisième position avec 17,0 % des suffrages. Quant à Forza Italia (conservateur), la formation fondée par Silvio Berlusconi, elle termine en quatrième position, avec seulement 8,8 % des voix. Les résultats des élections européennes indiquent un profond changement dans le paysage politique italien par rapport aux élections législatives de mars 2018. Le M5S était en effet arrivé en tête avec 32,7 % des voix, perdant donc plus de 15 points. A l’inverse, la Ligue, elle, gagne plus de 12 points.

Lettonie

Le parti conservateur de la Nouvelle unité, emmené par Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne en charge de la Stabilité financière, obtient la première place avec 26,2 % des voix (résultats provisoires). Harmonie, le parti de centre-gauche, arrive pour sa part en deuxième position, avec 17,5 % des suffrages. Tandis que l’Alliance nationale, appartenant à la droite souverainiste, complète le podium, recueillant 16,4 % des voix.

Lituanie

En Lituanie, l’Union de la patrie (conservateurs) devance le Parti social-démocrate lituanien avec 19,7 % des voix contre 15,9 %. En troisième position se trouverait le Mouvement libéral, qui obtient 12,6 % des suffrages (résultats provisoires).

Luxembourg

Au Luxembourg, c’est le Parti démocrate (libéral) qui arrive en tête, avec 21,4 % des suffrages (résultats provisoires), devançant de peu le Parti chrétien-social (conservateur) qui recueille 21,1 % des voix. Très proche en troisième position : les Verts luxembourgeois avec 18,9 % des suffrages.

Malte

Comme prévu, le Parti travailliste maltais remporte une très large victoire, recueillant 55,9 % des suffrages et devançant le Parti nationaliste (conservateurs) qui obtient pour sa part 36,2 % des voix (résultats provisoires).

Pays-Bas

Premiers à voter avec les Britanniques, jeudi 23 mai, les Néerlandais ont largement fait mentir les instituts de sondage en portant le Parti travailliste à la première place, celui-ci recueillant 18,9 % des suffrages. La gauche néerlandaise a certainement tiré profit d’avoir à sa tête Frans Timmermans, tête d’affiche des sociaux-démocrates pour l’ensemble de l’UE (Spitzenkandidaten). Le Parti travailliste devance le VVD (libéraux) du Premier ministre Mark Rutte, qui obtient 14,6 % des voix (résultats provisoires). Suivent le Parti chrétien-démocrate (12,1 % des voix) et le Forum démocratique de l’europhobe Thierry Baudet (10,9 %), qui était annoncé en tête des intentions de vote. Quant au PVV de Geert Wilders, allié du Rassemblement national, il chute à seulement 4,0 % des voix. Au total, 9 formations politiques différentes se partageront les 26 sièges réservés aux Pays-Bas au Parlement européen.

Pologne

En Pologne, la lutte aura été serrée jusqu’au dernier moment entre le parti Droit et Justice (PiS, droite souverainiste) actuellement au pouvoir et la coalition gauche-droite conduite par la Plateforme civique (conservateurs) pour les élections européennes. C’est finalement le PiS qui termine en tête, avec 45,6 % des voix (résultats provisoires), tandis que la coalition recueillerait 38,3 % des suffrages. Les autres formations en lice arrivent en conséquence loin derrière. C’est le cas du nouveau parti de centre-gauche Wiosna (6,0%). Et surtout des autres formations, dont l’ultra droite conduite par Janusz Korwin-Mikke, qui n’obtiennent aucun siège au Parlement européen.

Portugal

Le Parti socialiste arrive en tête au Portugal, avec 33,4 % des voix (résultats provisoires). Il bénéficie donc d’une assez large avance sur le Parti social-démocrate (conservateurs), qui recueille pour sa part 21,9 % des suffrages. En troisième et quatrième positions, figurent deux partis de gauche radicale qui obtiennent respectivement 9,8 et 6,9 % des voix.

République tchèque

En République tchèque, l’ANO 2011 (libéral), parti du Premier ministre Andrej Babis, arrive en tête avec 21,2 % des suffrages (résultats définitifs). L’ODS (droite souverainiste) termine en deuxième position avec 14,5 % des voix. Puis vient le Parti pirate avec 14,0 % des voix.

Roumanie

En Roumanie, les premières estimations ne permettaient pas de départager le Parti social-démocrate (PSD) et le Parti national-libéral (PNL, conservateurs). C’est finalement le PNL du président Klaus Iohannis qui l’emporte avec 26,8 % des voix, infligeant donc une défaite au centre-gauche, qui obtient 23,4 % des suffrages (résultats provisoires). Le PSD, qui contrôle actuellement le gouvernement, est fortement contesté en Roumanie et au niveau européen pour ses infractions à l’Etat de droit. Suit de très près l’alliance de trois formations libérales, qui recueille 21,4 % des voix.

Royaume-Uni

Comme annoncé par les sondages, le Brexit Party (antieuropéen) de Nigel Farage obtiendrait une victoire sans appel au Royaume-Uni, avec 31,7 % des suffrages (estimations). Les électeurs britanniques semblent en effet avoir fait le choix de lourdement sanctionner les deux partis “de gouvernement” pour leur gestion du Brexit. Car arriveraient en deuxième position les Libéraux-démocrates (pro-européens) avec 18,6 % des voix. Le Parti travailliste ne terminerait qu’à la troisième place avec 14,1 % des suffrages. Comme dans de nombreux autres pays européens, les Verts opèreraient ensuite une percée, avec 11,1 % des voix. Tandis que le Parti conservateur de Theresa May, démissionnaire de son poste de Premier ministre, n’obtiendrait que 8,7 % des voix, soit une véritable gifle électorale.

Slovaquie

En Slovaquie, contrairement à ce que la plupart des sondages indiquaient avant le vote, la liste libérale intitulée Slovaquie progressiste obtient la première place avec 20,1 % des suffrages (résultats définitifs). Le SMER (sociaux-démocrates) du Premier ministre Peter Pellegrini termine en deuxième position et subit un important revers, certainement lié à son implication dans des affaires de corruption (15,7%). Le parti Notre Slovaquie, d’ultra droite, complète le podium, avec 12,1 % des voix.

Slovénie

En Slovénie, le Parti démocrate (conservateurs) arrive en tête, avec 26,4 % des suffrages (résultats provisoires). Il devance le Parti social-démocrate qui obtiendrait 18,6 % des voix.

Suède

En Suède, le Parti social-démocrate du Premier ministre Stefan Löfven arrive assez largement en tête avec 23,6 % des voix, devançant les Modérés (conservateurs) qui obtiennent 16,8 % des suffrages (résultats provisoires). Les Démocrates de Suède (eurosceptiques) complètent le podium avec le score élevé de 15,4 % des suffrages.