Des déchets plein la panse des vaches


De nombreuses vaches sont victimes de tumeurs et d’infections dues à l’ingestion de déchets métalliques et plastiques, alerte l’association Robin des bois. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Difficile d’estimer le nombre d’animaux touchés. Selon l’interprofession Bétail et viande (Interbev), environ 60 000 gros bovins sont atteints d’une tumeur ou d’une infection due à l’accumulation, dans leur panse, de déchets en métal et en plastique. 60 000 animaux qui font l’objet d’une saisie partielle ou totale dans les abattoirs. Lorsqu’elle est totale, la viande est interdite à la vente.

« Il est probable que le nombre de vaches affectées par cette maladie des déchets soit supérieur au bilan officiel et que la mortalité avant l’abattoir ne soit pas quantifiée », relève l’association Robin des bois dans un communiqué.

Métaux en tous genres

Mondial, le phénomène s’avère mieux documenté aux États-Unis. Dans les panses des vaches conduites à l’abattoir, ont été trouvés, par ordre décroissant, des filins métalliques provenant de pneus hors d’usage, des barbelés de clôture, des tournevis, des clous, des bouts de fer, d’acier, de cuivre et d’aluminium.

En France, l’interprofession confirme que les pneus hors d’usage représentent la première cause de cette « maladie des déchets ». Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), les élevages français abritent environ 10 millions de pneus hors d’usage et 120 000 tonnes de fils d’acier qui se délitent sous le coup de l’usure, de la pluie et du soleil.

Les plastiques, premiers prédateurs des océans selon Surfrider

Bouteilles, sacs et bouchons en plastique, cotons-tiges…: les plastiques sont «les premiers prédateurs des océans», affirme mardi l’association Surfrider qui publie un rapport détaillant la pollution sur cinq sites français et espagnols, situés en Bretagne et au Pays basque.

Gros aimant ou zéro pneu ?

En réponse à ce fléau, les éleveurs américains, canadiens et européens n’ont trouvé d’autre solution que d’introduire des aimants –pesant de 100 grammes à 1,3 kilogramme– dans la panse des bovins, pour éviter la perforation. Un geste qu’il faut répéter tous les trois à quatre ans à cause de la destruction de l’équipement par l’acidité gastrique.

Au nom du bien-être animal et de la réduction des déchets, l’association Robin des bois a proposé plusieurs fois aux chambres d’agriculture, syndicats agricoles et ministères de l’écologie et de l’agriculture de mettre au point un plan de retrait progressif des pneus usagés.

Prévention des déchets sauvages

Aucune solution technique n’a en revanche été trouvée pour limiter les résidus de plastiques, issus de la fragmentation d’emballages professionnels, alors qu’ils sont aussi responsables (en particulier les plastiques durs) de la maladie des déchets. De son côté, Robin des bois rappelle la nécessité de boucler un plan ambitieux de prévention et de gestion des déchets sauvages. Un sujet pour le Salon de l’agriculture?

Les Néerlandais ne veulent plus de déchets plastiques dans leurs moules

Des substances toxiques présentes dans des déchets plastiques de taille microscopique peuvent s’insérer dans la chaîne alimentaire par l’ingestion d’organismes de la faune marine, comme l’holothurie, le plancton et les moules, affirme la délégation néerlandaise, qui invitera les ministres européens de l’environnement à s’attaquer au problème lors d’une réunion aujourd’hui (18 juin) à Luxembourg.



https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/des-dechets-plein-la-panse-des-vaches/