L’industrie européenne en souffrance – EURACTIV.fr

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La croissance de l’industrie manufacturière dans la zone euro a enregistré sa plus forte contraction depuis plus de six ans au mois de mars. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les moteurs de l’industrie européenne sont en panne. Selon le dernier indice PME/markit publié ce lundi premier avril, le secteur manufacturier de la zone euro a enregistré sa plus forte contraction depuis presque six ans au cours du mois de mars. Il passe ainsi de 49,3 en février à 47,7. Le coup de frein de la croissance dans les grandes économies européennes, le ralentissement du commerce international et les incertitudes sur le plan politique ont pu contribuer à dégrader la situation du secteur industriel.

Pour l’économiste Chris Wllliamson« les risques baissiers se sont intensifiés en mars, les indicateurs prospectifs de l’enquête suggérant un renforcement de la contraction au deuxième trimestre ».

De son côté, l’économiste en chef chez Ostrum Asset Management, Philippe Waechter explique que « pour la zone Euro, l’indice n’a pas été aussi bas depuis juin 2013 mais à l’époque le mouvement était haussier alors qu’ici, il traduit une détérioration de l’activité […] L’activité manufacturière ralentit un peu plus vite qu’attendu en zone euro. Le choc externe du commerce mondial est violent et persistant. La politique économique de la zone Euro est insuffisante pour y faire face. Préoccupant pour l’activité à venir. »

Les grandes économies souffrent

Le coup de mou de l’activité industrielle est un phénomène partagé par de nombreux pays. Selon les experts, quatre pays sur huit étudiés ont connu une contraction ces dernières semaines. Parmi eux, l’Autriche, la France, l’Allemagne et l’Italie sont concernés par cette chute de l’activité. Ce sont les Allemands qui ont connu la plus faible performance de l’indicateur manufacturier avec un repli qui entraîne un plus bas de plus de six ans et demi. Depuis plusieurs mois, l’industrie automobile outre-Rhin connaît de vraies difficultés liées notamment à la baisse de la demande internationale et au renforcement des normes contre la pollution à l’échelle du Vieux continent.

La première puissance économique européenne est suivie de l’Italie. Pour l’économiste de Markit Amritpal Virdee, les dernières données PMI relatives à l’industrie manufacturière en Italie signalent une industrie en mauvaise santé.

« La production, le nombre de nouvelles commandes, les ventes à l’exportation, l’emploi et l’activité des directeurs d’achat sont tous au plus bas, avec pour tous les secteurs une contraction la plus rapide depuis six ans. »

Si l’économie de la péninsule possède de nombreux atouts comme le rappelle une étude de l’OCDE publiée ce lundi, la situation s’est fortement dégradée ces derniers mois. Pour 2019, l’organisation prévoit une récession avec un PIB à -0,2% pour l’année.

« Le PIB par habitant se situe peu ou prou au même niveau qu’il y a 20 ans, et le taux de pauvreté demeure élevé, notamment parmi les jeunes. »

« La faiblesse de la croissance de la productivité et l’ampleur des inégalités sociales et régionales constituent des problèmes de longue date, auxquels il faut s’attaquer vigoureusement. Le niveau de la dette publique demeure élevé, à 134% du PIB, et constitue une source de risques », expliquent les économistes de l’institution internationale.

Les difficultés s’accumulent en France

En France, la conjoncture du secteur industriel s’est également détériorée en mars après avoir connu une période plus favorable en début d’année. De nombreux sites industriels ont traversé de véritables épreuves pendant des mois sans vraiment se relever. Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé vendredi dernier la liquidation judiciaire d’Arjowiggins Papiers Couchés et la cession partielle d’une autre usine, menaçant 800 salariés dans deux sites de la Sarthe.

À Blanquefort en Gironde, l’usine Ford, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesse automatiques, devrait cesser son activité en août laissant sur le carreau 850 salariés.

D’après les derniers résultats de l’enquête de Markit sur l’économie hexagonale, l’indice PMI des directeurs d’achat s’est replié de 51,5 en février à 49,7. Cet indicateur, qui prend en compte les nouvelles commandes, la production, l’emploi, les délais de livraison des fournisseurs et les stocks des achats, a connu sa première contraction depuis décembre 2018. Un niveau inférieur à 50 signale un repli de l’activité, tandis qu’une valeur supérieure à cette limite traduit une expansion. Le cabinet explique cet infléchissement par « un retour à la baisse de la production et des nouvelles commandes ainsi que du plus fort recul des ventes à l’export depuis trois mois »Les résultats de l’enquête indiquent que cette baisse de la demande est particulièrement visible dans l’industrie automobile et le commerce de détail.

Ce coup de mou a eu des répercussions sur l’emploi. « La baisse de la production a incité les fabricants français à limiter les créations de postes en mars, l’emploi ne progressant ainsi que très faiblement, et à son rythme le plus faible des trois derniers mois d’expansion », explique Markit.

Si la baisse de l’inflation a profité aux industriels français, cela n’a pas empêché une hausse des coûts de production avec le niveau encore soutenu des prix des matières premières.

Concernant les perspectives, les entreprises se montrent optimistes pour les douze prochains mois sur l’évolution de l’activité. En revanche, l’enquête de Markit signale une érosion de la confiance qui atteint un plus bas de trois mois en mars. « Les répondants se disant préoccupés par la faiblesse de la demande sous-jacente. »

Pour Eliot Kerr, « les derniers résultats de l’enquête sont d’autant plus inquiétants que les mouvements sociaux se poursuivent. Les manifestations des gilets jaunes empêchent tout rebond de la demande intérieure tandis que les conditions sur les marchés étrangers restent très difficiles, les nouvelles commandes à l’export diminuant en effet pour le septième mois consécutif. »

Le commerce mondial au ralenti

La morosité de la croissance du secteur industriel européen s’explique en partie par un net ralentissement des échanges mondiaux. Les répondants à l’enquête se disent « en effet préoccupés par les guerres commerciales, la hausse des droits de douane, l’incertitude politique croissante, le Brexit et -sans doute le facteur le plus important – les prévisions de détérioration de la conjoncture économique tant sur les marchés intérieurs qu’à l’étranger ».

Les dernières prévisions de la direction générale du trésor (DGT) publiées la semaine dernière laissent entrevoir un essoufflement des échanges dans les prochains mois. Ainsi, les économistes de Bercy prévoient que la croissance des échanges commerciaux mondiaux passerait de 5,8% en 2017 à 4,5% en 2018 et 3% en 2019.

« En 2019, les importations ralentiraient sensiblement en Chine, en lien avec les tensions commerciales sino-américaines et le ralentissement économique, ainsi que dans les pays producteurs de pétrole, pénalisées par un prix du baril moins élevé qu’en 2018. »

Le Maire et Moscovici, deux visions opposées de l’économie

Pour Bruno Le Maire, la réponse à « l’effondrement  économique de la France » est à trouver du côté de la réindustrialisation et  de l’innovation. Et non pas du côté de l’équité fiscale, sujet au cœur du débat public, qui a les faveurs du commissaire européen Pierre Moscovici.

La Tribune

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