la Pologne n’est pas un état vassal de Bruxelles, selon le Premier ministre Mateusz Morawiecki – EURACTIV.fr


Le Premier ministre Mateusz Morawiecki a déclaré que la Pologne avait « pleinement le droit » d’utiliser les fonds du Plan européen de relance et a souligné que son pays n’était pas un État vassal de Bruxelles. Il a également affirmé que l’absence volontaire de prise de décision de la Commission concernant le plan national de relance polonais constituait un délit et que Bruxelles outrepassait ses prérogatives.

« La Pologne n’a pas de maître. Nous n’entretenons pas de relations de vassalité », a déclaré le chef du gouvernement Mateusz Morawiecki à RMF FM samedi 4 septembre, en reprochant à la Commission européenne d’imposer à la Pologne des « relations fondées sur les concepts de maître et de client ». Il a assuré que « la Pologne ne sollicitera pas ces fonds en mendiant, nous y avons tout à fait droit. »

L’une des raisons pour lesquelles la Commission a refusé d’approuver le plan de relance national de la Pologne, nécessaire pour débloquer l’argent du Fonds de relance de l’UE, serait le débat en cours en Pologne sur la supériorité du droit communautaire sur le droit national. Entre-temps, le Tribunal constitutionnel présidé par Julia Przyłębska a une nouvelle fois reporté sa décision sur la question — cette fois-ci au 22 septembre.

La Pologne recule sur sa réforme controversée de la justice

Le président du principal parti de la coalition conservatrice au pouvoir en Pologne, Jarosław Kaczyński, a annoncé samedi (7 août) la prochaine liquidation du volet disciplinaire d’une réforme controversée du système judiciaire, une décision réclamée par l’UE.

Selon le premier ministre, la Pologne s’en sort très bien sans l’argent de l’UE

M. Morawiecki s’est dit confiant du fait que la Pologne recevra tôt ou tard de l’argent du Fonds de relance. Il a annoncé qu’il allait discuter de la question avec les autorités de la Commission européenne. Dans le même temps, il a estimé que l’économie polonaise se porte bien, même sans l’argent de l’UE.

« J’ai de bonnes nouvelles pour la Pologne, je suis convaincu que tôt ou tard la Pologne recevra ces fonds, mais une encore meilleure nouvelle est que nous nous débrouillons très bien aujourd’hui sur la base des fonds polonais, sur la base de ce que nous avons généré du système financier », a déclaré le chef du gouvernement.

Il a cependant admis qu’il sera probablement nécessaire de corriger le budget cette année, mais « à la hausse, car les recettes sont plus importantes que ce que nous avions prévu, l’économie est en plein essor ». Selon le Premier ministre, rien d’important ne se produira « même si cet argent (du Fonds de relance — ndlr) n’arrive pas cette année, car nous avons estimé qu’il arriverait plutôt en fin d’année voire au début de l’année prochaine ».

CE : Pas d’argent du Fonds de relance tant que Varsovie ne remplit pas les conditions

Lors d’une réunion de la commission des affaires économiques et budgétaires du Parlement européen la semaine dernière, le commissaire européen aux affaires économiques, Paolo Gentiloni, a admis que la raison de la prolongation des négociations avec Varsovie sur le plan de relance national polonais était, entre autres, le fait que le gouvernement de Varsovie a remis en question la primauté du droit européen sur le droit national et a saisi la Cour constitutionnelle.

M. Gentiloni et le commissaire au commerce Valdis Dombrovskis, qui était présent à cette réunion de la commission, ont prévenu que la Pologne et la Hongrie ne recevraient pas d’argent du Fonds de reconstruction tant que les deux pays ne répondront pas aux exigences imposées par la Commission européenne.

En revanche, la Commission a indiqué par le biais de son service de presse qu’elle « continue d’évaluer le plan de relance national polonais sur la base des critères définis dans le règlement relatif à la facilité pour la reprise et la résilience ».





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