La Commission présente un plan de relance d’après-guerre pour l’Ukraine – EURACTIV.fr

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté mercredi 4 mai un plan de relance pour l’Ukraine afin d’aider à la reconstruction du pays une fois la guerre menée par la Russie terminée.

« Ce paquet devrait apporter des investissements considérables pour répondre aux besoins et aux réformes nécessaires », a déclaré la présidente de l’exécutif européen devant le Parlement européen après avoir présenté la sixième série de sanctions contre Moscou, qui prévoit notamment un embargo sur le pétrole.

« Nous voulons que l’Ukraine gagne cette guerre. Mais nous voulons également mettre en place les conditions qui permettront à l’Ukraine de réussir dans l’après-guerre », a ajouté Mme von der Leyen.

Toutefois, elle n’a pas donné de détails sur ce que pourrait comporter un tel paquet. Ce qui est clair, c’est que l’UE et les autres pays occidentaux devront probablement participer au processus.

Des investissements considérables sont nécessaires

Le président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Werner Hoyer, a récemment prévenu que la reconstruction du pays nécessiterait des investissements considérables, tant au niveau des budgets publics que des capitaux privés.

« Si nous avons enfin la possibilité de reconstruire l’Ukraine, alors nous aurons des sommes inimaginables pour le moment », avait déclaré M. Hoyer le 21 avril.

Une étude récemment réalisée par le Centre for Economic Policy Research (CEPR) estime le coût de la guerre entre 200 et 500 milliards d’euros. Les seuls dommages physiques aux infrastructures ont été estimés à 60 milliards d’euros par la Banque mondiale en avril, tandis que d’autres estimations sont encore supérieures.

« Il pourrait fixer une série d’étapes et d’objectifs pour s’assurer que l’argent européen profite réellement à la population ukrainienne et qu’il est dépensé conformément aux règles de l’UE », a déclaré Mme von der Leyen, faisant référence au plan de relance proposé pour l’après-guerre.

« Cela pourrait aider à lutter contre la corruption. Nous devons le faire. Il pourrait aligner l’environnement juridique sur les normes européennes et améliorer radicalement la capacité de production de l’Ukraine », a-t-elle poursuivi.

« En définitive, il ouvrira la voie à l’avenir de l’Ukraine au sein de l’UE », a indiqué Mme Von der Leyen devant le Parlement européen.

La Commission européenne devrait rendre un avis sur la demande d’adhésion de l’Ukraine avant le sommet européen de juin.

Les pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne doivent généralement suivre un processus long et complexe avant de rejoindre le bloc, lequel exige souvent des réformes majeures pour atteindre les normes de convergence politique et économique de l’Union.

L’Ukraine a déclaré qu’elle finaliserait la deuxième partie d’un questionnaire sur sa capacité à assumer les obligations liées à l’adhésion d’ici la fin de la semaine et qu’elle espérait une réponse positive au cours de l’été.

L’engagement régional

Dans le même temps, les villes européennes se mobilisent pour soutenir les autorités ukrainiennes locales et régionales par le biais de programmes d’entraide, les dirigeants infranationaux cherchant à reconstruire le pays déchiré par la guerre.

La création de partenariats à long terme a également été évoquée au niveau national, le président ukrainien Volodymyr Zelensky appelant à jumeler les villes et régions de l’UE avec des villes et régions de son pays à reconstruire.

Néanmoins, la principale question qui se pose est de savoir d’où viendront les fonds nécessaires à la mise en œuvre de ce plan, car un dirigeant européen a prévenu que la marge de manœuvre dans le budget de l’Union était étroite.

« Vous vous occupez tous des budgets dans vos propres villes et régions, et vous savez comment c’est : les budgets sont fixes, et il y a peu de marge de manœuvre habituellement, et c’est la même chose avec le budget de l’Union européenne », a expliqué le commissaire européen aux Relations interinstitutionnelles et à la Prospective, Maroš Šefčovič, aux dirigeants européens locaux la semaine dernière.

Soulignant que le budget actuel de l’UE, planifié pour une période de sept ans, a été convenu avant la pandémie et la guerre en Ukraine, il a déclaré que le budget était « assez serré » et présentait « peu de flexibilités ».

S’il n’y a pas beaucoup de marge de manœuvre dans le budget actuel de l’UE, une source de fonds beaucoup plus abondante pourrait être accessible, celle des avoirs saisis par les États membres de l’UE et les États-Unis dans le cadre des sanctions imposées à la Russie.

Les réserves de change gelées de la Banque centrale de Russie, notamment, pourraient fournir une part importante des fonds nécessaires à la reconstruction de l’Ukraine si l’UE et les États-Unis acceptent de les utiliser à cette fin. Actuellement, environ 300 milliards d’euros de réserves russes sont gelés aux États-Unis et dans l’Union européenne.

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