« plan B » s’il n’y a pas de consensus sur le salaire minimum – EURACTIV.fr


La Commission européenne réfléchit à un « plan B » au cas où le Portugal ne parviendrait pas à un consensus au Conseil sur la définition du salaire minimum avant la fin de son mandat à la présidence de l’organe, selon le commissaire européen à l’emploi, Nicolas Schmit.

« J’attends, j’espère que la présidence portugaise du Conseil parviendra à un compromis entre les États membres, mais vous savez qu’un homme politique, un commissaire, doit avoir un ‘plan B’ », a déclaré M. Schmit.

S’adressant à Lusa en marge du Sommet social de Porto, M. Schmit a ajouté que « s’il n’est pas possible de parvenir à cet accord pendant la présidence portugaise, cela ne signifie pas que c’est la fin » du processus de discussion.

« Mais je pense que le travail effectué par la présidence portugaise est extrêmement important, extrêmement précieux et que c’est quelque chose sur lequel nous pourrons nous appuyer », a-t-il déclaré.

L’objectif de la présidence portugaise du Conseil de l’UE est de parvenir à un texte de compromis au Conseil sur la nouvelle directive européenne sur le salaire minimum au cours de ce semestre.

Toutefois, selon le commissaire européen, il s’agit encore de discussions « complexes », qui ne déboucheront sur le début des négociations entre les co-législateurs qu’après un compromis au Conseil.

« La présidence portugaise est très intéressée et a investi beaucoup de temps et d’énergie dans cette négociation. J’espère donc que nous pourrons parvenir à un accord [au Conseil] pendant la présidence portugaise », a-t-il noté.

« Si ce n’est pas sous la présidence portugaise, ce sera un peu plus tard », a-t-il ajouté.

« La prochaine présidence du Conseil revient à la Slovénie, puis à la France. Je sais que le gouvernement français et le président lui-même m’ont dit qu’ils étaient très engagés », a souligné M. Schmit, en parlant des différentes étapes de la négociation.

« Je pense que nous sommes sur la bonne voie », a-t-il souligné, disant prévoir « un compromis basé sur la proposition » de la Commission européenne.

La définition d’un salaire minimum européen juste et décent est l’un des éléments de la négociation du plan d’action visant à mettre en œuvre le pilier européen des droits sociaux, que le Portugal souhaite voir approuvé pendant sa présidence de l’UE, malgré les divergences entre les 27 États membres.

Le pilier social est un texte non contraignant visant à promouvoir ces droits en Europe et dans lequel, entre autres, il est fait référence à la rémunération, arguant que « les travailleurs ont droit à un salaire équitable qui leur garantit un niveau de vie décent ».

En octobre dernier, la Commission européenne a présenté une proposition législative sur le salaire minimum européen, mais a admis des difficultés dans les négociations au Conseil. C’est pourquoi elle a assuré qu’elle ne voulait pas imposer des valeurs aux pays, mais plutôt des indicateurs pour assurer une qualité de vie décente aux travailleurs.

Les traités reconnaissent la compétence de chaque État membre en matière de fixation des salaires, mais la Commission a eu recours à une interprétation flexible qui intègre le salaire dans les conditions de travail.

Actuellement, 21 États membres ont un salaire minimum défini par la loi, tandis que dans les six autres – Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie et Suède – celui-ci n’existe que par le biais de la négociation collective.

Ce sont principalement ces six pays qui s’opposent au concept, mais la proposition est également contestée par les associations d’employeurs, qui affirment que la directive pourrait mettre en péril la viabilité des entreprises européennes, déjà durement touchées par la crise de Covid-19.



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