Allemagne : 7 chiffres clés sur les enjeux des élections


Climat, salaire minimum, défense, place du pays en Europe… à 3 jours des élections fédérales du 26 septembre, notre sélection de chiffres pour éclairer les enjeux du scrutin et les programmes des candidats.

Le palais du Reichstag abrite le Bundestag, chambre basse du Parlement allemand, appelé à être renouvelé lors des élections fédérales - Crédits : Teka77 / iStock
Le palais du Reichstag abrite le Bundestag, chambre basse du Parlement allemand, appelé à être renouvelé lors des élections fédérales – Crédits : Teka77 / iStock

1ere !

Au sein de l’Union européenne, l’Allemagne occupe la première place dans de nombreux domaines. Pays le plus peuplé du continent avec 83 millions d’habitants (sur 447 pour l’UE), elle en est également la première économie (un quart du PIB de l’UE en 2020 avec 3 400 milliards d’euros), son plus grand exportateur (un quart des biens et services de l’UE), et sa principale industrie (le secteur emploie un tiers de la population active allemande, notamment dans l’automobile).

Elle constitue, avec la France, l’un des principaux moteurs de l’Union européenne, dont elle contribue à plus d’un quart du budget. Son poids au sein des institutions européennes est particulièrement important : au Conseil où le système de vote dépend de la population de chaque Etat, au Parlement où un député européen sur sept est allemand, ou encore à la Commission dont l’actuelle présidente Ursula von der Leyen est une ancienne ministre d’Angela Merkel. Autant d’éléments qui font de ce scrutin allemand un enjeu profondément européen.

9,60 €

Introduit en 2015 à 8,50 € (sur proposition des sociaux-démocrates du SPD), le salaire minimum brut horaire atteint désormais 9,60 € en Allemagne.

Si ce chiffre augmente régulièrement pour tenir compte de la hausse générale des prix, les candidats Olaf Scholz (social-démocrate) et Annalena Baerbock (écologiste) proposent de l’augmenter sensiblement, à 12 euros de l’heure. Il s’agit d’une de leurs propositions phares, dont l’objectif est de corriger la faiblesse générale des salaires et la précarisation accrue du marché du travail en Allemagne.

Pour la gauche radicale de Die Linke, ce chiffre devrait même atteindre 13€ de l’heure. A l’inverse, le candidat du parti conservateur Armin Laschet s’oppose à cette mesure, jugée trop coûteuse.

1, 57 %

Il s’agit de la part du PIB consacrée par l’Allemagne au budget de sa défense … loin des 2 % que le pays devrait y consacrer en tant que membre de l’Otan, “afin que la disponibilité opérationnelle reste assurée à l’échelle de l’Alliance”.

Bien que cette règle ait été fixée par les Alliés en 2006, seuls trois des vingt-deux Etats de l’UE membres de l’Alliance atlantique la respectaient en 2018 : la Grèce (2,39 %), l’Estonie (2,06 %) et la France (2,29 %).

Si la CDU-CSU (conservateurs) et le FDP (libéraux) s’engagent à atteindre ce chiffre, le soutien est plus limité du côté des Verts, qui le remettent en cause, jugeant ce seuil dépassé depuis la fin de la Guerre froide, et estimant que les dépenses doivent être indexées sur les besoins réels et programmées dans le cadre d’une loi pluriannuelle. Le SPD se montre sensible aux contraintes économiques et budgétaires de défense, mais soutient que d’autres priorités – sociales notamment – seraient à privilégier. A l’extrême gauche, Die Linke plaide même pour une sortie totale de l’Otan, qui permettrait de réorienter des fonds vers la mise en place de programmes pour la paix.

10,1 tonnes

Il s’agit du volume de gaz à effet de serre émis par chaque habitant en 2019 en Allemagne, soit le taux le plus important d’Europe devant la France (6,8 t/hab), la moyenne européenne (à 28) étant de 8,2 tonnes par habitant.

Les enjeux climatiques se sont imposés comme une question centrale de la campagne pour les élections du 26 septembre 2021. Tous les partis, à l’exception de l’extrême droite de l’AfD, s’engagent à respecter l’Accord de Paris sur le climat et visent la neutralité climatique de l’Allemagne d’ici à 2050. En juillet dernier, des inondations ont fait 200 morts dans le pays, mettant de nouveau en avant la nécessité d’accélérer la transition écologique.

Près d’un quart (24,1 %) de la production d’électricité allemande provient du charbon. Si cette part diminue au profit des renouvelables, le pays reste largement dépendant de cette énergie fossile. Utilisée par 46 centrales sur l’ensemble du territoire, la combustion de charbon explique en grande partie les difficultés de l’Allemagne à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Un défi rendu d’autant plus difficile par la décision de sortir totalement du nucléaire d’ici fin 2022.

2,5 %

Il s’agit de la part du PIB allemand consacrée aux investissements publics en 2019. L’Allemagne se situe ainsi très en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, qui s’élève à 3,7 % du PIB.

L’orthodoxie budgétaire, à laquelle beaucoup d’Allemands sont attachés pour des raisons principalement historiques (le pays a été marqué par une hyperinflation dans les années 1920), en est la principale cause. Ce dogme, qui préconise de ne pas prévoir plus de dépenses que de recettes pour éviter tout endettement national, est fermement défendu par la CDU-CSU qui y voit également un pilier du rétablissement de l’Allemagne dans les années 2000.

Il freine toutefois les investissements publics, à tel point que de nombreuses infrastructures manquent aujourd’hui de moyens. Par exemple, selon un bilan dressé cet été par la société des autoroutes allemandes, 3 000 ponts autoroutiers – soit 10 % du total de ces infrastructures – sont actuellement dans un état critique. De son côté, le chef de file des conservateurs Armin Laschet préconise un retour à la discipline budgétaire. Tandis qu’en face, les candidats de la gauche veulent renforcer les dépenses publiques pour soutenir la croissance et pallier ce manque d’investissements

Le “frein à l’endettement”, ancré dans la constitution allemande, limite le déficit structurel public à 0,35 % du PIB pour contenir l’augmentation de la dette. Si les candidats de la CDU-CSU et du FDP y sont particulièrement attachés, d’autres comme les Verts veulent relever ce seuil pour les nouveaux emprunts. Un projet qui nécessite l’approbation de deux tiers des députés pour réviser la Constitution, et donc difficilement envisageable au vu des sondages actuels.

21e

L’administration numérique de l’Allemagne est classée 21e sur 27 au sein de l’Union européenne : un chiffre qui témoigne d’un retard important dans le développement des infrastructures, notamment publiques. Ainsi, Le Monde relève qu’au sein de certaines administrations locales, les données sur les infections de Covid-19 ont été “collectées à la main, à partir de tableaux imprimés sur papier, puis transmises par fax, avant d’être de nouveau entrées manuellement dans le système informatique central”.

Bien qu’elle soit une des premières économies mondiales dans le domaine des technologies et de l’ingénierie, l’Allemagne est à la traîne d’autres économies avancées en matière de transformation numériquesouligne de son côté l’OCDE. L’organisation pointe notamment la “fracture numérique entre les zones urbaines et rurales”, la faible utilisation des technologies numériques par les entreprises ou encore le manque de compétences en programmation parmi les jeunes Allemands.

30 %

Il s’agit du taux maximal auquel les bénéfices des entreprises peuvent être soumis aujourd’hui en Allemagne. Le parti libéral FDP et le parti conservateur CDU-CSU veulent le diminuer de 30 % à 25 % pour développer l’investissement privé et améliorer la croissance.

De leur côté, le SPD, les Verts et la gauche radicale sont favorables à des hausses d’impôts pour les plus aisés et, à des degrés divers, d’un recours à l’emprunt pour relancer la croissance.



https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/allemagne-7-chiffres-cles-sur-les-enjeux-des-elections/