Perturbateurs endocriniens, glyphosate, pesticides… Le gouvernement dégaine son plan d’actions

Pas de prolongation ou d’autorisation de perturbateurs endocriniens ou de substances cancérogènes dangereuses, plus de recherches scientifiques, mise en place du plan Ecophyto 2… Le gouvernement a dévoilé son nouveau plan de réduction des produits phytopharmaceutiques dans l’agriculture. Un plan dénoncé par la FNSEA, principal syndicat agricole, qui dénonce une série d’interdictions et de charges.

C’est un des plans les plus attendus par les agriculteurs, mais aussi les consommateurs désirant une alimentation contenant moins de pesticides. Le gouvernement vient de dévoiler le 25 avril son plan d’actions pour réduire la dépendance de l’agriculture aux produits phytopharmaceutiques.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, prévoit de « très clairement s’opposer à toute prolongation, ou toute nouvelle ré-autorisation, premièrement de substances cancérogènes de catégories 1 (les plus dangereuses NDLR), les substances de catégories 1 dites mutagènes, les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 1 et tous les perturbateurs endocriniens », a-t-il précisé à l’AFP.

Des études sur l’impact des pesticides

Deuxième axe central du plan : la protection et l’information de la population. Le gouvernement compte multiplier les expertises de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) sur l’impact pour la santé et les écosystèmes des pesticides.

« Nous devons améliorer nos connaissances des impacts des pesticides sur notre santé et sur notre environnement, afin de protéger nos concitoyens », a justifié la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Encore faut-il débloquer des fonds dans le domaine de la recherche. Lors du dernier Salon de l’Agriculture, le directeur de l’Anses, Roger Genet, s’était justement plaint de ne pouvoir faire de contre-expertise sur le glyphosate notamment.

La FNSEA en a gros

Sur ce troisième sujet qu’est la recherche, le gouvernement annonce vouloir la renforcer pour « offrir aux agriculteurs un panel de méthodes alternatives avec notamment un soutien accru aux produits de biocontrôle ». Un moyen aussi de développer le plan Ecophyto 2, dont l’objectif est de réduire les produits phyto de 25 % d’ici 2020 et de 50 % en 2025. Rappelons que le plan Ecophyto 1 avait été un échec.

« Des charges et encore des charges, des interdictions et encore des interdictions, tout cela sans réelle concertation, sans réelle consultation ! », a réagi la FNSEA, principal syndicat agricole. « Penser qu’il suffit de taxer les agriculteurs pour qu’ils passent en bio est une preuve de la méconnaissance des charges d’investissement nécessaires à une conversion », a renchéri la Coordination rurale en référence à une possible augmentation de la redevance pour pollution diffuse.

Du côté des associations environnementales, seule l’ex Fondation Nicolas Hulot se réjouit de ce plan. Pour Générations Futurs, l’ensemble « manque de souffle et de volonté politique ».

Un article publié par Novethic.