Quelles évolutions politiques en Europe ces 5 dernières années ?

24.10.2019

Boran Tobelem

Retour de la gauche dans la péninsule ibérique et au Nord, montée en puissance des libéraux à l’Ouest, solide ancrage des populistes de tous bords à l’Est… Depuis les débuts de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, et alors qu’Ursula von der Leyen lui succède, la donne politique a bien changé dans les Etats membres. Etat des lieux des évolutions européennes.

De gauche à droite : António Costa, Emmanuel Macron, Viktor Orbán et Matteo Salvini - Crédits : Conseil européen | Mario Salerno / Conseil européen | Annika Haas / Flickr EU2017EE Estonian Presidency CC BY 2.0 | Michel Christen / Parlement européen

De gauche à droite : António Costa, Emmanuel Macron, Viktor Orbán et Matteo Salvini – Crédits : Conseil européen | Mario Salerno / Conseil européen | Annika Haas / Flickr EU2017EE Estonian Presidency CC BY 2.0 | Michel Christen / Parlement européen

Lorsque Jean-Claude Juncker entame son mandat à la Commission européenne fin 2014, les équilibres politiques européens sont déjà en mutation. Mais l’alternance gauche-droite est alors encore la norme en Europe, ce qui se reflète au sein des institutions européennes. La droite conservatrice (Parti populaire européen, PPE) et la gauche modérée (Socialistes & démocrates, S&D) disposent à eux deux de la majorité absolue au Parlement européen.

Cinq ans après, la donne politique européenne a sensiblement évolué. A l’Ouest, les libéraux, dirigeant déjà tous les gouvernements du Bénélux fin 2014, acquièrent un pouvoir d’influence inédit avec l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, à la tête d’un pays au poids politique et démographique majeur en Europe.

Un renforcement qui se traduit notamment dans les institutions européennes, que ce soit au sein du Conseil européen, qui sera présidé par le libéral belge Charles Michel à partir du 1er décembre 2019. Ou encore dans la nouvelle Commission européenne, dont l’entrée en fonction est désormais prévue à la même date. Dans cette dernière, l’actuelle commissaire européenne à la concurrence, la Danoise Margrethe Vestager (centriste libérale), est ainsi désignée vice-présidente exécutive, au même titre que le Néerlandais Frans Timmermans (social-démocrate) et le Letton Valdis Dombrovskis (droite conservatrice).

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Au Parlement européen également, les libéraux du nouveau groupe Renew Europe (ex-ADLE) obtiennent avec les élections européennes de mai 2019 108 sièges sur 751, dont 21 occupés par des eurodéputés français. Troisième force de l’hémicycle, ils sont suivis par les Verts, qui occupent 74 sièges, un score historique porté par la prééminence des préoccupations climatiques, en particulier chez les jeunes.

Et si la question climatique semble pousser davantage de jeunes à voter ou à s’investir par d’autres moyens dans le débat public — comme lors des manifestations pour le climat —, elle pourrait avoir un impact durable sur la politique européenne.

Marche pour le climat le 13 octobre 2018 à Paris - Crédits :  Jeanne Menjoulet / Flickr CC BY-ND 2.0Marche pour le climat le 13 octobre 2018 à Paris – Crédits :  Jeanne Menjoulet / Flickr CC BY-ND 2.0

Pour l’heure en tout cas, droite et gauche devront plus qu’avant composer avec les libéraux et les Verts dans les équations partisanes préalables aux votes des législations européennes.

Une page est tournée depuis le temps où le PPE dirigeait à la fois le Conseil européen, la Commission et le Parlement européen. Une nouvelle donne à l’image de la fin du quatrième et dernier mandat d’Angela Merkel en Allemagne : poids lourd de cette famille politique dans les années 2010 et à de nombreuses reprises perçue comme la personnalité la plus puissante de l’Union européenne, elle est aujourd’hui politiquement fragilisée dans son pays.

La domination politique de la chancelière est en effet fortement remise en cause outre-Rhin. En octobre 2018, son parti, la CDU, et son alliée historique, la CSU, enregistrent d’importants revers électoraux aux élections régionales en Hesse et en Bavière. S’ils restent toujours vainqueurs, ces partis perdent plus de 10 points dans les deux cas. Les Verts gagnent quant à eux près de 9 points. En position de faiblesse, la chancelière allemande est conduite en décembre 2018 à renoncer à briguer de nouveau la présidence de son parti, au profit d’Annegret Kramp-Karrenbauer, actuelle ministre de la Défense. En mai 2019, ces mauvais résultats électoraux se confirment aux européennes : la CDU/CSU perd 6,5 points par rapport à 2014 et les Verts progressent de presque 10 points.

Libéraux et Verts ne sont pas les seuls à émerger. Dans l’ensemble de l’Europe, et notamment à l’Est, les populistes de tous bords, reflétant la remise en cause des clivages traditionnels entre droite et gauche, progressent, voire gouvernent. Le triomphe au Royaume-Uni des Brexiters, qui ont mené en 2016 une campagne souvent mensongère anti-immigration et anti-establishment pour la sortie de leur pays de l’Union européenne, avec comme figures de proue l’actuel Premier ministre Boris Johnson (Parti conservateur) et Nigel Farage (Ukip/Brexit Party) en est une illustration.

Ces populistes, notamment identitaires, pèsent aussi sur les politiques européennes, et sur la question migratoire tout particulièrement. Le plan de relocalisation des demandeurs d’asile de l’Union européenne de 2015 en a fait les frais. Et en 2019, la dénomination du portefeuille du futur commissaire en charge des migrations — “Protection de notre mode de vie européen” — est vue par certaines familles politiques comme une concession faite aux populistes identitaires de l’Est.

Les Etats membres de l’Union européenne connaissent donc de profonds changements politiques. Mais malgré ces ruptures, une certaine continuité demeure.

En témoigne une social-démocratie qui a su reprendre des couleurs en Europe. Alors que certains les disaient en phase terminale, les sociaux-démocrates ont récemment repris plusieurs gouvernements européens.

Retour de la gauche dans la péninsule ibérique…

C’est dans un premier temps dans la péninsule ibérique que la gauche a reconquis deux bastions importants, au Portugal, puis en Espagne.

En 2015, le Portugal ouvre le bal avec António Costa, l’ancien maire de Lisbonne qui devient Premier ministre. Pourtant arrivé deuxième aux élections législatives, derrière le Premier ministre libéral sortant Pedro Passos Coelho, quatre ans au pouvoir, il provoque la chute du gouvernement grâce à un accord inédit avec la gauche radicale et les Verts. Ayant tourné le dos à l’austérité et auréolé d’un bilan économique flatteur, le Parti socialiste portugais domine largement le scrutin législatif du 6 octobre 2019 avec près de 37 % des voix et António Costa est reconduit au pouvoir le 23 octobre.

António Costa au Conseil européen le 2 juillet 2019 à Bruxelles - Crédits : Conseil européenAntónio Costa au Conseil européen le 2 juillet 2019 à Bruxelles – Crédits : Conseil européen

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En Espagne, après huit ans d’absence du pouvoir, les socialistes du PSOE reprennent, eux, les rênes du gouvernement le 1er juin 2018. Un nouveau gouvernement est formé après l’adoption d’une motion de censure déposée par le chef du PSOE Pedro Sánchez, quelques heures seulement après la condamnation du Parti Populaire de Mariano Rajoy (droite conservatrice) pour une vaste affaire de corruption (“l’affaire Gürtel”).

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Le nouveau Premier ministre Pedro Sánchez ne parvient cependant qu’à former un exécutif minoritaire, source d’instabilité politique dans un pays où le bipartisme a pris fin en 2015 avec l’émergence de Podemos (gauche radicale) et de Ciudadanos (libéraux). De nouvelles élections anticipées ont ainsi lieu en avril 2019, convoquées par le Premier ministre dans l’incapacité de faire voter le budget. Remportées par le PSOE, elles ne permettent néanmoins pas la formation d’un gouvernement et, à nouveau, des élections sont fixées au 11 novembre prochain.

Si ce scrutin ne mettra peut-être pas fin à la crise politique espagnole, il pourrait encore une fois donner le pouvoir aux sociaux-démocrates. D’après un sondage de l’institut de recherche publique espagnole CIS publié fin septembre, avec 34,2 % des voix, le PSOE caracole en tête des intentions de vote, soit le double de son principal rival, le Parti populaire.

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… et au nord de l’Europe

Dans les pays nordiques de l’Union européenne (Suède, Finlande et Danemark), les sociaux-démocrates ont également réalisé un spectaculaire retour en force.

A l’exception de la Suède, gouvernée depuis 2012 par Stefan Löfven qui mène une coalition entre les sociaux-démocrates et les Verts, les sociaux-démocrates n’avaient plus été à la tête d’un gouvernement jusqu’au printemps 2019 en Finlande et au Danemark.

En Finlande, ils figuraient bien souvent dans les coalitions gouvernementales, fréquentes dans le système du pays, mais le dernier Premier ministre social-démocrate, Paavo Lipponen, nommé en 1995, avait été battu aux élections législatives en 2003. Et depuis 2015, le gouvernement de Juha Sipilä faisait pencher l’exécutif particulièrement à droite, avec la présence pour la première fois des populistes du parti Vrais Finlandais. Si ceux-ci arrivent deuxièmes des législatives d’avril 2019 avec 17,5 % des voix, un score historique pour la formation, les sociaux-démocrates terminent premiers, fait inédit depuis 1999. Leur leader Antti Rinne compose alors un gouvernement de coalition avec les libéraux, les Verts, la gauche radicale et le parti de la minorité suédophone.

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Deux mois plus tard, le 5 juin 2019, ce sont les sociaux-démocrates danois qui dominent à leur tour les élections législatives. Ancienne ministre de l’Emploi puis de la Justice, Mette Frederiksen devient Première ministre le 27 juin après la victoire de son parti. Mme Frederiksen dirige depuis lors un gouvernement minoritaire composé uniquement de sociaux-démocrates. Une configuration politique qui n’était pas arrivée depuis 1982 au Danemark, où les coalitions sont aussi monnaie courante.

A noter également le cas de l’Islande, hors UE, qui a connu une longue période d’instabilité, consécutive à la crise de 2008, avec sept gouvernements en dix ans. Depuis novembre 2017, la gauche dirige de nouveau le pays, avec Katrín Jakobsdóttir, présidente du Mouvement des verts et de gauche.

Montée en puissance des libéraux à l’Ouest

Si les sociaux-démocrates retrouvent une certaine vigueur au sud-ouest et au nord de l’Europe, sans atteindre pour autant leur poids politique d’antan, les libéraux connaissent quant à eux une montée en puissance à l’Ouest, avec l’arrivée au pouvoir en France d’Emmanuel Macron en 2017.

Avant l’entrée en fonction de Jean-Claude Juncker le 1er novembre 2014, les pays formant le Benelux (Pays-Bas, Luxembourg et Belgique) avaient déjà entre 2010 et fin 2014 basculé dans le camp libéral.

Aux Pays-Bas, à l’exception d’une parenthèse sociale-démocrate entre 1994 et 2002, les gouvernements avaient tous été dirigés par des démocrates-chrétiens depuis 1977. Et ce jusqu’en 2010, quand le libéral Mark Rutte prend le pouvoir. Il s’y maintient jusqu’à maintenant, dans des exécutifs de coalition.

Au Luxembourg, où la coalition est également la règle, les démocrates-chrétiens ont pendant longtemps aussi été maîtres du jeu. Jean-Claude Juncker a ainsi été Premier ministre du Grand-Duché pendant près de 14 ans. En décembre 2013, un an avant de devenir président de la Commission européenne, il cède la place au libéral Xavier Bettel, toujours en fonction.

Du côté de la Belgique, encore un pays de coalitions, les libéraux pesaient déjà davantage politiquement : les années 2000 ont été marquées par les trois gouvernements menés par le Flamand du parti Open VLD Guy Verhofstadt de 1998 à 2008, devenu par la suite président du groupe centriste libéral (ADLE) au Parlement européen de 2009 à 2019. En octobre 2014, les libéraux s’imposent de nouveau à la tête de l’exécutif avec Charles Michel du Mouvement réformateur, qui a été nommé en juillet 2019 nouveau président du Conseil européen.

Enfin, en France, pays habitué depuis des décennies à l’alternance droite-gauche, Emmanuel Macron vient bousculer les équilibres politiques en étant élu en mai 2017 président de la République, avec son mouvement La République en Marche. Cette élection renforce considérablement le poids des libéraux en Europe, comme expliqué plus haut.

Emmanuel Macron au Conseil européen le 2 juillet 2019 à Bruxelles - Crédits : Mario Salerno / Conseil européenEmmanuel Macron au Conseil européen le 2 juillet 2019 à Bruxelles – Crédits : Mario Salerno / Conseil européen

A l’Est, des populistes de tous bords au pouvoir

A l’Est, les Etats membres de l’Union européenne, marqués par les dictatures communistes de la Guerre froide, où le personnel politique est ainsi historiquement considéré avec méfiance, constituent depuis une dizaine d’années un terreau favorable aux populismes (qui ne se limitent bien évidemment pas à l’Est). Ceux-ci prospèrent dans la région, notamment en raison de l’échec des responsables politiques nationaux et européens à répondre aux espoirs de renouveau des citoyens, liés à l’adhésion à l’Union européenne au cours des années 2000.

Et ces populismes n’épargnent aucun bord politique. Que ce soit en Hongrie depuis 2010 avec la droite radicale du Fidesz de Viktor Orbán. En Pologne à partir de 2015 avec le parti Droit et Justice (PiS), qui défend des thématiques similaires à celles du Premier ministre hongrois. En République tchèque avec le parti libéral ANO 2011 du Premier ministre Andrej Babiš, au pouvoir depuis 2017. Ou encore en Roumanie avec le Parti social-démocrate qui reprend les rênes du pays la même année.

La montée des populismes (3 minutes pour comprendre l’Europe – n°29)

Dans ces pays, les gouvernements restreignent, parfois drastiquement, les lois relatives à l’Etat de droit et garantissant les libertés individuelles : libertés de la presse, d’expression, indépendance de la justice, protection des plus vulnérables (sans-abris, migrants…)… En somme, ces démocraties se sont peu à peu caractérisées par une forme de “tyrannie de la majorité”.

Viktor Orbán au Conseil européen le 10 avril 2019 à Bruxelles - Crédits : Conseil européenViktor Orbán au Conseil européen le 10 avril 2019 à Bruxelles – Crédits : Conseil européen

A noter toutefois que ce verrouillage du pouvoir par la majorité ne se fait pas sans une certaine contestation. Si en Pologne le PiS a gagné 6 points aux législatives du 13 octobre 2019 par rapport à 2015, le gouvernement roumain est renversé par une motion de censure le 10 octobre. Et en Hongrie, le Fidesz, que l’on croyait tout-puissant dans le pays, perd la mairie de Budapest aux élections municipales du 13 octobre.

Des élections européennes aux conséquences nationales directes

Enfin, deux pays qui échappent à ces trois schémas géographiques et politiques — et qui ne sont bien entendus pas les seuls à être dans ce cas dans l’Union européenne — ont connu des changements politiques nationaux directement provoqués par les élections européennes de mai 2019. En Grèce comme en Italie, elles ont conduit les leaders nationaux à organiser de nouveaux scrutins.

En Grèce en premier lieu. Ce pays, durement touché par une crise aux conséquences sociales et économiques désastreuses à partir de 2008, est le seul de l’Union européenne à avoir été gouverné par la gauche radicale pendant le mandat de Jean-Claude Juncker, avec le leader du parti Syriza Aléxis Tsípras de 2015 à 2019. Mais après quatre ans de pouvoir, les Grecs souffrent toujours des conséquences de la crise, avec 31,8 % des personnes en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en 2018 selon Eurostat. Soit l’un des plus forts taux de l’Union européenne, juste après la Bulgarie et la Roumanie.

Et ils ont pour beaucoup perdu confiance en un gouvernement élu sur d’ambitieuses promesses sociales, non tenues notamment en raison de drastiques mesures d’austérité. Des mesures désirées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international et imposées en juillet 2015 à la Grèce en l’échange d’un dernier “plan de sauvetage” d’environ 85 milliards d’euros.

Menant ainsi une politique souvent contraire à ses valeurs, Aléxis Tsípras est désavoué au cours du scrutin de mai 2019, subissant une lourde défaite face au parti de centre droit Nouvelle Démocratie, qui rafle 33,1 % des votes contre 23,8 % pour Syriza. Ce scrutin avait valeur de test pour le Premier ministre. Aléxis Tsípras décide donc de précipiter les législatives prévues en octobre, en convoquant des élections anticipées en juillet. Ces dernières se soldent encore une fois par un cuisant échec : Nouvelle Démocratie obtient 39,9 % des suffrages et Syriza 31,5 %. En conséquence, Kyriákos Mitsotákis succède à Aléxis Tsípras le même mois.

Matteo Salvini au Parlement européen le 13 mars 2018 - Crédits : Michel Christen / Parlement européenMatteo Salvini au Parlement européen le 13 mars 2018 – Crédits : Michel Christen / Parlement européen

En second lieu, l’Italie… Et pour cause : le pays a été gouverné entre juin 2018 et septembre 2019 par un exécutif baroque, dirigé par l’indépendant Giuseppe Conte, réunissant le M5S (ovni politique inclassable, antisystème) de Luigi Di Maio et la Ligue du Nord, la formation d’extrême droite de Matteo Salvini, homme fort des nationalistes en Europe. Ce dernier, grisé par le succès de son parti aux européennes (34,3 % des voix, loin devant le M5S deuxième avec 22,7 %), appelle à des élections législatives anticipées en août, dans l’espoir de se débarrasser de son partenaire de coalition avec lequel les désaccords se multiplient.

[Revue de presse] Crise politique en Italie : la Ligue appelle à des élections anticipées

Mais Matteo Salvini se retrouve perdant à son propre jeu : en lieu et place de nouvelles élections, une autre alliance improbable, toujours menée par Giuseppe Conte, est formée entre le M5S et les sociaux-démocrates du Parti démocrate, pourtant ennemis jurés il y a peu. Résolument plus favorable à l’Union européenne, le gouvernement Conte II entre ainsi en fonction début septembre, déjouant pour l’heure les plans de l’extrême droite.

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