Percée Verte aux européennes : “magnifique message d’avenir! Y. Jadot- Toute l’Europe



Actualité


27.05.2019

Marie Guitton (à Bruxelles)

En France, les écologistes clament désormais qu’ils sont la “3e force politique du pays“. Au Parlement européen, le groupe des Verts, renforcé aussi par les Allemands, devrait devenir le quatrième plus important. Une position confortable, donc, mais sera-t-elle durable ? Peut-être, surtout si les chiffres confirment que les écologistes ont la faveur des jeunes.

Yannick Jadot, la tête de liste des écologistes français (EELV) le soir des élections européennes 2019 - Crédits : Capture d'écran / LCI

Yannick Jadot, la tête de liste des écologistes français (EELV) le soir des élections européennes 2019 – Crédits : Capture d’écran / LCI

Nous sommes ce soir la 3e force politique en France !” Yannick Jadot, qui s’apprête à exercer son troisième mandat consécutif d’eurodéputé, n’a pas caché sa joie, le 26 mai au soir, acclamé par ses militants. “Les scores sont probablement identiques ou supérieurs en Allemagne […] et ailleurs. C’est donc bien une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs ce soir“, a déclaré la tête de liste d’EELV sous les hourras, dans son QG parisien du 19e arrondissement.

A l’échelle européenne, toute la presse du continent s’en fait le témoin, les élections européennes du 26 mai 2019 sont “historiques“. Parce qu’au moins un électeur sur deux est allé voter dans l’UE, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps. Parce qu’a éclaté la majorité dont disposaient, depuis plus de vingt ans, les mastodontes de l’hémicycle (les conservateurs du Parti populaire européen et les sociaux-démocrates – S&D). Et parce que la progression des nationalistes ne saurait cacher celle d’autres partis pro-européens et écologistes ?   

Outre les libéraux, rejoints par les Marcheurs français, le groupe des Verts deviendra, en tout cas, un allié convoité au sein du futur Parlement européen.

Européennes 2019 : ce qu’il faut retenir des élections

Au terme des élections 2019, il obtient 69 sièges dans l’hémicycle (soit 9,2 % du total), contre 50 sièges (6,7 %) à l’issue du scrutin de 2014. Les Verts repassent devant les groupes de droites souverainistes et eurosceptiques, et devant la gauche radicale. Une position qu’ils n’avaient plus connue depuis 2004.

 

A quoi ressemblera le futur Parlement européen ?

Le “3e parti de France” ?

Ce sont à nouveau les Verts allemands qui constitueront le plus gros contingent du groupe écologiste au Parlement européen. Alors que ces derniers étaient 13 jusqu’à présent, ils seront 21 à partir de juillet. Outre-Rhin, les “Grünen” finissent à la seconde place (avec 20,5 % des voix), derrière la CDU/CSU et devant les sociaux-démocrates du SPD, sanctionnés – comme les Verts en leur temps – pour leur participation à la coalition gouvernementale dirigée par les chrétiens-démocrates.

Les résultats français ont fourni une plus grande surprise encore. Avec plus de 13% des suffrages exprimés, la liste Europe-Ecologie de Yannick Jadot disposera de 12 sièges au sein du futur Parlement européen, contre 6 entre 2014 et 2019.

Certes, les Verts tricolores sont habitués à des résultats en dents de scie d’une élection européenne à l’autre. Par ailleurs, c’est lors de ce scrutin qu’ils ont régulièrement réalisé leurs meilleurs scores. Mais cette fois, en 2019, le parti dépasse largement, pour la première fois de son histoire, à la fois les Républicains en chute libre (8,5% des voix) et le Parti socialiste inaudible depuis la présidentielle de 2017 (6,2 % des voix).

Européennes 2019 : les résultats en France

Par ailleurs, alors que les programmes présentés par la gauche (Génération.s, LFI, PS/Place publique) convergeaient sur les questions climatiques, EELV semble être apparu comme une valeur refuge pour leurs électeurs, moins tentés notamment par la renégociation frontale des traités prônée par La France insoumise. “Il n’est plus question que le débat soit réduit à la seule France“, soutient au contraire Yannick Jadot le soir du 26 mai. “Pour nous, l’Europe c’est le quotidien.

Naissance d’une génération écolo ?

Surtout, si les Verts allemands auraient été soutenus en majorité par les jeunes, selon le Tageszeitung, c’est une possibilité également avancée par Yannick Jadot pour la France : “La participation a déjoué une partie des sondages. Et je suis très heureux que les jeunes notamment se soient emparés de ce scrutin, beaucoup plus que prévu”. “Il n’est pas exclu […] que l’écologie soit la première force politique chez les jeunes. C’est un magnifique message d’avenir.”

Entre les marches pour le climat, les appels de la jeune Suédoise Greta Thunberg ou même le projet de Charte des droits de la planète, lancé par des enfants français et qui pourrait être présenté devant le nouveau Parlement européen à l’automne, l’écologie semble avoir, en effet, de beaux jours devant elle.

A l’échelle européenne, si les Verts n’ont fini en tête dans aucun Etat membre, ils sont deuxièmes en Allemagne, en Finlande et en Irlande (ex-aequo). Et troisièmes au Danemark, en France, au Luxembourg et en Lituanie. C’est aussi chez les Verts que siègera, jusqu’au Brexit, le troisième plus grand contingent d’eurodéputés britanniques, bien que ces élus soient issus de plusieurs partis différents, selon les résultats provisoires publiés par le Parlement européen.

Elections européennes 2019 : les partis arrivés en tête, pays par pays

Au Parlement européen, si elle n’espère pas vraiment accéder à la présidence de la Commission européenne, Ska Keller, la (Spitzen)candidate des Verts/ALE a donc déjà prévenu que son groupe n’apporterait pas son soutien à une autre formation sous la forme d’un chèque en blanc : “Nous voulons être sûrs que ce que nous défendons sera appliqué. Nous voulons une Europe sociale, pour le climat, et démocratique”, a-t-elle rappelé le 26 mai à Bruxelles, après l’annonce des résultats. “Nous avons obtenu un mandat pour un changement, pour le climat, pour garantir l’Etat de droit…”

“Nos programmes sont connus. Nous voulons évidemment peser plus lourd dans les négociations, mais sans changement, ce sera sans nous […], a ajouté Philippe Lamberts, le co-président du groupe. Il ne faut pas imaginer que les Verts vont signer un bout de papier et laisser les autres décider à notre place”.

 

 



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