Les contours du salaire minimum européen dévoilés en janvier – EURACTIV.fr

Le commissaire européen à l’emploi, Nicolas Schmit, a annoncé  le 10 décembre qu’il révélerait sa proposition de salaire minimum européen au début janvier.

La première proposition de salaire minimum européen devrait être révélé le 14 janvier. Elle lancera le début de négociations avec les partenaires sociaux et les États membres.

« Cela devrait garantir une vie décente pour tous les citoyens de l’UE », a annoncé le commissaire luxembourgeois à l’emploi, Nicolas Schmit.

L’initiative constituait l’une des demandes des socialistes formulées lors de la campagne électorale européenne, et elle est ouvertement soutenue par le Président français Emmanuel Macron et la Chancelière allemande Angela Merkel.

Lors de la 108e session de la Conférence internationale du Travail organisée à Genève en juin dernier, Mme Merkel a appelé l’UE à envisager différentes stratégies pour appliquer « des salaires minimums comparables » afin de favoriser la mise en place de conditions de travail égalitaires à travers le bloc.

Toutefois, cette idée n’a pas fait l’unanimité parmi les États membres. Par conséquent, le commissaire luxembourgeois se rendra au Danemark et en Suède cette semaine pour dissiper tous les doutes qu’ils pourraient avoir », a-t-il annoncé.

« Il ne fait aucun doute que certains États membres sont sur la réserve lorsque l’on aborde le salaire minimum, car plusieurs d’entre eux ne disposent pas d’un tel dispositif », a admis M. Schmit.

Le commissaire a garanti que la proposition « respecterait les traditions, les cultures et les systèmes nationaux » et « n’entraverait pas » le bon fonctionnement des États où les salaires sont réglementés par des négociations collectives qui, a-t-il ajouté, sont le système le plus commun.

« Personne ne veut appliquer un salaire minimum spécifique à travers l’UE », a expliqué Nicolas Schmit. Les ministres préféreraient « définir des critères » pour établir des salaires minimums suffisants dans le bloc.

« Je suis persuadé que nous trouverons la solution appropriée » qui respectera les systèmes des pays nordiques, a-t-il enchérit. Il bénéficie d’ailleurs en ce sens du soutien du ministre finlandais de l’Emploi, Timo Harakka, qui a présidé la dernière réunion du Conseil des ministres sous la présidence de la Finlande mardi 10 décembre.

La pauvreté au travail augmente en Europe

Les inégalités sociales, y compris la pauvreté au travail, se sont creusées après la crise économique de 2008, selon les conclusions d’une étude commandée par l’ONG SOLIDAR et publiée le 13 novembre.

Discours sociaux

En janvier, le commissaire devrait aussi présenter un agenda détaillé des principales dispositions législatives sur lesquelles il planchera pendant sa mandature.

Toutefois, lors de la réunion, il ne s’est pas exprimé sur ses projets les plus attendus : le régime européen de réassurance chômage et une réglementation sur la protection des travailleurs des plateformes.

A ce sujet, M. Schmit a déclaré qu’il travaillait étroitement avec Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée du numérique, Thierry Breton, commissaire chargé du marché intérieur, des États membres, des partenaires sociaux et les travailleurs des plateformes eux-mêmes.

Le Luxembourgeois devrait aussi lancer des consultations avec les institutions européennes afin de réfléchir à un moyen d’implanter le socle européen des droits sociaux esquissé par la Commission Juncker en 2017. « Certes, les avis divergent sur bon nombre de sujets, mais je n’ai pas eu l’impression que quiconque remettait en doute le socle ».

La sécurité sociale en attente

La réforme de la coordination de la sécurité sociale dans l’UE était l’un des objectifs de la commissaire Marianne Thyssen durant son mandat, mais les États membres ne sont pas parvenus à un accord sous la présidence roumaine et, bien que le Conseil et le Parlement européen aient tous deux tenté de finaliser les négociations avant la fin de l’année, le dossier sera toujours en attente en 2020.

« Nous avons eu trois réunions de trilogue sur cette question au cours de cette présidence pour réduire le désaccord à quelque chose de gérable », a expliqué Timo Harakka, ajoutant que les législateurs européens avaient décidé d’annuler la prochaine réunion prévue pour jeudi (12 décembre).

« C’est un dossier difficile, tout le monde le sait, et cela a été très délicat pour toutes les présidences. Nous espérons qu’il y aura des progrès », a-t-il ajouté. Le Luxembourg a été l’un des pays les plus réticents à accepter des compromis sur la réforme.

« Je suis maintenant commissaire, je ne suis plus ministre luxembourgeois. J’assume pleinement mes responsabilités », a déclaré M. Schmit, indiquant que « la Commission s’efforcera de favoriser l’émergence d’un compromis. Il reste quelques problèmes, mais pas tant que ça ».

Au sujet de la décision d’annuler la réunion de trilogue, il a précisé que c’était la responsabilité du Parlement, mais, « je pense que cela reflète le sentiment que nous n’aurions pas pu parvenir à un accord », a-t-il conclu.

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