Le développement d’un pays est considéré comme « durable » lorsqu’il répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. On peut le mesurer en comparant la demande que la consommation humaine fait peser sur la biosphère (empreinte écologique) à la superficie ou à l’offre de terres productives disponibles pour répondre à cette demande (biocapacité).

En Europe, c’est la Finlande qui possède la plus grande réserve écologique, avec une biocapacité supérieure à son empreinte écologique.

Selon le rapport 2017 du Global Footprint Network, la majorité des États membres de l’Union européenne est en situation de déficit écologique.

Un pays connaît un déficit écologique lorsque l’empreinte émise par sa population sur son territoire dépasse la biocapacité de ce territoire.

A l’inverse, il y aura une réserve écologique lorsque la biocapacité d’un pays dépasse l’empreinte écologique de sa population.

C’est au Nord (Suède, Finlande, Estonie et Lettonie) et à l’Est (Roumanie) que se situent les États en situation de réserve écologique. La Finlande est le pays qui obtient les meilleurs résultats : sa biocapacité est supérieure à son empreinte écologique de 6.7 hectares globaux par personne (gha/pers.).

Au sein des pays connaissant un déficit écologique, des différences sont à établir. Tout d’abord, certains pays connaissent un « déficit léger », inférieur à 1. C’est le cas pour la Hongrie, la Bulgarie et la Lituanie. Viennent ensuite les pays en « déficit moyen », l’Irlande, la Croatie, le Danemark et la Slovaquie. Ces pays ont un déficit inférieur à deux.

Enfin, viennent les États faisant face à un déficit marqué. En tête de file se trouve le Luxembourg, dont l’empreinte écologique est plus de huit fois supérieure à sa biocapacité, le déficit y est de 11,5 hectares globaux par personne. Sont également en situation de déficit écologique prononcé la Belgique (5,8 gha/pers), Chypre (3 gha/pers.), l’Italie (3,4 gha/pers.), ainsi que le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Autriche, Malte, les Pays-Bas, la France, l’Espagne, le Portugal, la République Tchèque, la Grèce et la Slovénie.

Pour ces six derniers Etats, le déficit reste inférieur à 3 hectares globaux par personne.

L’Union européenne est, largement, en déficit écologique (23 Etats sur les 28 recensés).

Certains pays qui avaient enregistré des progrès notables sont tombés dans le déficit et d’autres l’ont aggravé. Par exemple, les Pays-Bas, qui étaient considérés en capacité de réserve écologique, sont passés à un déficit de 4,7 gha/pers de déficit. La France ne fait pas figure d’exception et a franchi la barre des 2 gha/pers de déficit depuis l’année 2011. Quant à la Bulgarie, elle a aussi perdu son statut de réserve écologique et se situe désormais à la limite du déficit.

Pour en savoir plus, lire article sur ce sujet de notre partenaire Toute l’Europe.

Lambert Volpi

Juriste en droit de la concurrence et européen des affaires, Lambert a fait le choix d’un parcours universitaire orienté à la fois vers le droit et l’économie. Après avoir étudié ces matières en classe préparatoire à l'École Normale Supérieure de Cachan, il a complété sa formation à la Faculté de Droit de Montpellier et à l’Université de Lyon, a ensuite intégré le Master Spécialisé de Droit des Affaires Internationales et Management de l'ESSEC Business School, puis a rejoint King’s College London pour un LLM en Droit de la Concurrence. Lambert a travaillé au sein de cabinets d'avocats internationaux, de groupes de réflexion et think tanks et a été moniteur de recherches au Centre Européen de Droit et d'Économie (CEDE) de l'ESSEC.

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